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Histoire de l'équipe nationale allemande de football


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111 réponses à ce sujet

#21
JB6

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Haller, super joueur.
Il a fait son trou à la Juventus, respect.
Tilkowski, grand gardien. Souscoté
Neuer / Thuram - Franz - Kohler - Maldini / Redondo - Effenberg - Gerrard - Matthaüs / Baggio - Ronaldo

#22
Wunderbern

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Haller, super joueur.
Il a fait son trou à la Juventus, respect.
Tilkowski, grand gardien. Souscoté

De cette équipe 1962, il y en a quelques-uns qui jouaient ou joueront en Italie: Haller bien sûr mais aussi Schnellinger (l'une des grandes stars du Milan AC), Albert Brülls (Modène) et le mésestimé Horst Szymaniak (Catane, Inter Milan même s'il s'est un peu perdu chez les Nerazzuri). Haller, il avait commencé à Bologne avec qui il a quand même gagné un titre de Champion d'Italie en 1964, le premier  après la Seconde Guerre Mondiale et le dernier en date. Un exploit quand on sait que Bologne était vraiment un très modeste équipe à l'époque. A noter que la victoire de Bologne en Championnat, fait unique dans l'histoire du Calcio, s'est jouée au cours d'une finale remportée 2-0 (but csc de Facchetti et but de Harald Nielsen) contre l'Inter Milan. Les deux équipes avaient le même nombre de points (54) et il fut décidé de jouer une finale pour les départager. Haller a joué la finale, mais pas Szymaniak. En fait, Szymaniak qui était vraiment l'un des meilleurs joueurs allemands de l'époque (parfois classé parmi les prétendants au BO!) était barré par les restrictions en matière de joueurs étrangers en Italie. 2 joueurs étaient autorisés et Helenio Herrera préférait aligner Luis Suarez (le BO espagnol pas le cannibale uruguayen, lol) et le brésilien Jair.

 

220px-Serie_A_1963-1964_-_Spareggio_Bolo

Haller lors de la "finale" contre Burgnich

 

Bon, la raison pour laquelle beaucoup de joueurs allemands allaient jouer en Italie était simple: le salaire. En Italie, un joueur comme Haller était payé 200 000 DM par an, contre 6000 en Allemagne (défraiements puisque le championnat était officiellement amateur). Même quand la Bundesliga sera introduit, le salaire annuel moyen restera inférieur à celui du Calcio: 30 000 DM...



#23
JB6

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Comme quoi, l'argent était déjà un argument de poids...

À Bologne, il y avait Bulgarelli. Vrai bon joueur lui. Mais c'est vrai que Bologne champion, ça choque.
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#24
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Comme quoi, l'argent était déjà un argument de poids...

À Bologne, il y avait Bulgarelli. Vrai bon joueur lui. Mais c'est vrai que Bologne champion, ça choque.

L'argent a toujours été un argument de poids. Mais bon, les transferts restaient très rares à cause des restrictions de joueurs étrangers dans les championnats et puis, des interdictions posées par certains clubs ou même certaines sélections qui refusaient de sélectionner un joueur parti à l'étranger. Et puis, il y avait toutes les difficultés rencontrées: différences culturelles, langue, saudade... qui souvent rebutaient les joueurs. Ça peut sembler idiot mais avec la technologie actuelle, les réseaux sociaux, les transports et tout ça, tout ça... on peut facilement s'installer dans un autre pays sans se sentir trop dépaysé. Mais à l'époque, ben... un brésilien qui atterrissait en plein milieu de la campagne allemande par exemple, il était quand même bien paumé! Et avec les risques que cela comporte: dépression, alcoolisme, etc, etc... Gunnar Andersson, l'un des légendes de l'OM, avait paraît-il découvert à Marseille un liquide jaune qui sera sa perte: le pastis! Il est mort à 41 ans d'une crise cardiaque, complètement alcoolique!

 

Et puis, les sommes n'étaient pas si énormes que ça. Enfin, disons que ça ne valait pas toujours la chandelle (alors que maintenant à 10 millions par an, je m'en fous, je peux bosser au fin fond du bush australien ou en Antarctique!)

 

Sinon, Bologne, oui, ça fait bizarre surtout en Italie où derrière Inter, Juventus, Milan AC, c'est le désert. Après, c'est un peu comme le Genoa et le Torino, il a eu son heure de gloire à une époque que les moins de 100 ans ne peuvent pas connaître, et a fait son palmarès (finalement plutôt pas mal: 7 titres!) sur une période dorée. Je trouve qu'il y a pire que Bologne: le Héllas Vérone, champion 1985, dont j'ai toujours retenu le nom parce que Briegel faisait partie de l'équipe!

 

Après, Bologne, pour moi, j'associe le club au come-back de Baggio dans les années 90. Il n'y est pas resté longtemps mais à l'époque, il était dans le creux de la vague et il a joué à Bologne pour se relancer. 



#25
JB6

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Au Hellas Verone 1984-85 de Bagnoli, il y avait aussi Preben-Elkjaer Larsen.

Briegel avait été énorme. Joueur monstrueux lui.

Perso Bologne pour moi c'est deux trucs : Angleterre/Belgique 1990, et la demi-finale retour de C3 vs OM avec la baston générale à la fin (Blondeau qui met un coup de boule au policier avec son casque ahahahaha)


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#26
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Au Hellas Verone 1984-85 de Bagnoli, il y avait aussi Preben-Elkjaer Larsen.

Briegel avait été énorme. Joueur monstrueux lui.

Perso Bologne pour moi c'est deux trucs : Angleterre/Belgique 1990, et la demi-finale retour de C3 vs OM avec la baston générale à la fin (Blondeau qui met un coup de boule au policier avec son casque ahahahaha)

Ah je ne me rappelais plus de celle-là. J'ai revu les images. Poilant (bien joué Blondeau ha ha ha). Moi, l'une des plus belles dont je m'en souviens, c'est Valence-Inter avec David Navarro qui envoie un pain à Burdisso en traître et s'enfuit, coursé par les Interistes! Il y avait Marchena, l'un des pires méchants du football espagnol (rien que sa tête faisait peur)! J'ai jamais compris comment les Espagnols ont réussi à terminer à 11, leurs matchs de l'Euro 2008 avec Puyol, Marchena et Ramos derrière!



#27
JB6

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J'ai jamais compris comment les Espagnols ont réussi à terminer à 11, leurs matchs de l'Euro 2008 avec Puyol, Marchena et Ramos derrière!

Avec Marcos Senna juste devant, fallait les bouger les bougres.


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#28
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No Time For Losers Cause We Are The Champions... Of The World! (1966)

 

Lorsque Helmut Schön prend les rênes de la sélection nationale en juin 1964, le football a complètement changé en Allemagne. Le championnat - la Bundesliga - est désormais professionnel, élitiste et surtout moderne. Le grand Schön (1m90!) avec sa casquette éternellement vissée sur sa tête, a donc à disposition une génération de jeunes joueurs très compétitifs dont certains, comme les deux "Wolfgang" du 1. FC Cologne: Overath et Weber ont déjà été "découverts" par Herberger. Le joueur majeur de cette génération, s'appelle Franz Beckenbauer.

Le jeune joueur du FC Bayern, qui n'évolue pas encore en Bundesliga, dégage une élégance rare balle au pied et possède une technique exceptionnelle. Son talent est tel qu'il a été dès 18 ans, promu dans l'équipe première de son club. Helmut Schön n'attend pas longtemps avant de le convoquer en équipe nationale: le 26 septembre 1965, à 20 ans, le bavarois est lancé dans le grand bain lors d'un match de qualification remporté contre la Suède (2-1). S'il est prudemment aligné arrière gauche pour ses débuts, il sera bientôt replacé par Schön au coeur du jeu. Avec Beckenbauer, Schön tient le nouveau Fritz Walter que cherchait désespérément son prédécesseur, Sepp Herberger.

 

1965-1.jpg

Allemagne-Autriche (4-1): second match pour Beckenbauer (à droite) et premier pour un certain Günter Netzer (à gauche)

Ayant fait encore l'impasse sur la Coupe d'Europe des Nations en 1964, l'équipe d'Allemagne s'apprête à se rendre en Angleterre pour la Coupe du Monde 1966. La sélection allemande ne fait pas figure de favori: les équipes sud-américaines et surtout le Brésil du fantastique Pelé qui a remporté les deux dernières éditions du Tournoi sont les équipes sur lesquelles il faudra compter. L'Angleterre a aussi son mot à dire dans les débats: après avoir longtemps boudé - par suffisance et complexe de supériorité - la Coupe du Monde (jusqu'en 1954!), l'équipe des Three Lions a surtout connu des déconvenues dans cette compétition. Ce tournoi qui se dispute à domicile est l'occasion pour eux de montrer au monde du football, qui a inventé ce sport!

Helmut Schön a composé pour cette compétition, une équipe où se mêle expérience et jeunesse. Il a reconduit des valeurs sûres des éditions précédentes comme l'attaquant Uwe Seeler (qui est nommé capitaine), le défenseur qui fait les beaux jours du Milan AC, Karl-Heinz Schnellinger ainsi que Helmut Haller et Willi Schultz. Il a aussi retenu des jeunes comme Siegfried Held, Wolfgang Overath, Jürgen Grabowski, "Eisenfuß" Höttges, Wolgang Weber et surtout... Beckenbauer! La "hype" Fahrian étant depuis longtemps passé (faut dire qu'il n'avait pas été aidé par les magouilles de son club, le Hertha Berlin qui lui avait irrégulièrement versé des primes et du coup, contraint le DFB à le suspendre) , le sélectionneur titularise désormais Hans Tilkowski (qui a boudé Herberger pendant deux ans!) dans les cages. Le gardien meilleur joueur de la Bundesliga en 1965 et tout juste vainqueur de la Coupe des Coupes, est indiscutable au poste de n°1. Souhaitant introduire de nouveaux talents dans l'équipe, Schön a tout de même convoqué un certain Sepp Maier comme remplaçant. Le jeune portier (22 ans) du FC Bayern a peu de chances de jouer mais il est là pour prendre de la graine. Le projet de Schön est clair: proposer un jeu de qualité, sans tricherie, excitant et compétitif.

 

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L'équipe de Schön: Höttges, Overath, Held, Haller, Weber, Emmerich, Schulz, Beckenbauer, Schnellinger, Tilkowski, Seeler

Et dès le premier match, le 12 juillet 1966 à Sheffield, contre cet adversaire bien connu qu'est la Suisse, le ton est donné: l'Allemagne pulvérise la formation helvète 5-0 et Beckenbauer aligné au milieu, signe un doublé.

 

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Beckenbauer signe un doublé d'entrée de jeu contre la Suisse.

 

Cependant, le second match au Villa Park de Birmingham, qui marque les retrouvailles entre Allemands et Argentins (les premiers avaient battu les seconds 3-1 en 1962) accouche d'un match nul (0-0). Les Argentins, très agressifs et brutaux (l'un de leurs joueurs, Rafael Albrecht a été expulsé au bout de 25 minutes) n'ont pas permis aux Allemands d'exprimer leur jeu. Rien n'est donc fait pour l'Allemagne qui doit disputer un dernier match de poule décisif contre l'Espagne à Villa Park. A la 23ème minute, sur un ballon piqué en profondeur, le barcelonais Josep Fusté s'infiltre entre deux défenseurs et marque le premier but du match. Mauvaise affaire pour les Allemands qui sont à ce moment-là, éliminés. Mais le match n'est pas fini: à la 39ème minute, sur une touche rapidement jouée, Siegfried Held envoie un long ballon à son coéquipier du Borussia Dortmund, Lothar Emmerich, isolé dans la surface de réparation. Celui-ci tire instantanément malgré un angle improbable et le ballon se loge dans la lucarne! 1-1: Les Allemands sont revenus au score. Et ce sont eux qui auront le dernier mot: à la 84ème minute, Held encore lui, déborde sur l'aile et centre au ras du sol. Seeler reprend le ballon et inscrit le but décisif: l'Espagne menée 2-1 ne reviendra plus. L'Allemagne se qualifie pour les quarts de finale.

 

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Haller au combat contre l'Argentine

L'équipe d'Uruguay contre laquelle les Allemands sont opposés, n'a plus rien à voir avec celle qui a remporté la Coupe du monde 1950: c'est une équipe laborieuse qui joue comme la plupart des équipes sud-américaines de manière brutale. Et elle paye cher son attitude: à la 49ème minute, le capitaine Horacio Troche est expulsé après une faute sur Emmerich (il collera une gifle à Seeler avant de quitter le terrain) puis c'est Hector Silva qui est contraint de rejoindre les vestiaires après une faute sur Haller, cinq minutes plus tard. Les Allemands qui menaient déjà 1-0, n'auront plus aucun problème à éliminer une équipe réduite à neuf, 4-0. Ces expulsions ajoutées à celle de l'Argentin Ratin contre l'Angleterre, seront très très polémiques. Il faut dire que les fautes concédées par ses joueurs sont ridicules par exemple, à celles commises par le Portugais Morais sur le Brésilien Pelé. Mais on y reviendra...

 

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Hector Silva se fait expulser dans la confusion...

La finale s'ouvre à l'Allemagne mais il faudra d'abord au Goodison Park de Liverpool, éliminer une URSS qui a péniblement battu la Hongrie. Les Allemands dominent globalement le début de match mais butent sur le légendaire gardien soviétique, Lev Yachine. Alors qu'ils font le siège des cages de Yachine, c'est paradoxalement sur un contre que les Allemands ouvrent la marque. A la 43 ème minute, Schnellinger récupère un ballon sur un tacle qui prend toute l'attaque russe à contre-pied. Tout un espace s'est libéré et le défenseur blond s'y engouffre avant de servir Haller qui trompe enfin Yachine (1-0). Déjà dominée, l'URSS perd tout espoir de revenir quand Chilenko commet une faute stupide sur Held, qui lui vaut d'être expulsé. Vingt minutes plus tard, sur un corner mal renvoyé, Beckenbauer hérite du ballon, se faufile dans la défense et envoie une frappe du gauche qui trompe une nouvelle fois Yachine. Les Soviétiques marqueront bien un but en fin de match mais la messe est dite: l'Allemagne jouera la finale contre l'Angleterre, le 30 juillet 1966, à Wembley.

 

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Haller fait plier l'URSS

Même si l'Angleterre joue sur ses terres, c'est l'Allemagne qui apparaît comme le favori de cette finale. Dans un tournoi marqué par l'extrême agressivité des équipes, un nombre d'expulsions conséquent et des attitudes très très déplacées (l'entraîneur anglais Alf Ramsey traitant les Argentins d'animaux!), l'équipe allemande est l'une des rares équipes à avoir proposée un jeu offensif et agréable à regarder. L'équipe d'Angleterre, elle, bien que convaincante, a été au centre de nombreuses polémiques: non seulement, elle s'est octroyée le droit de jouer tous ses matchs dans le même stade (Wembley) mais la Fédération anglaise (FA, Football Association) qui a organisé la compétition, a systématiquement mis des bâtons dans les roues des autres équipes - notamment sud-américaines. Ainsi, l'équipe brésilienne lors de son arrivée à Heathrow, a eu la surprise de ne trouver aucun bus pour l'accueillir! Pire, les terrains d'entraînement octroyés par la FA aux brésiliens et argentins n'avaient pas de but. L'arbitrage particulièrement défavorable aux équipes sud-américaines, a aussi été pointée du doigt notamment, lors du quart de finale Angleterre-Argentine, où le capitaine de l'Argentine Antonio Rattin est expulsé pour avoir semble-t-il insulté un arbitre qui ne devait sûrement pas parler espagnol puisqu'il était... allemand! La collusion entre Allemagne et Angleterre - les arbitres de l'une des nations arbitraient l'autre nation lors des matchs contre les équipes sud-américaines - feront couler beaucoup d'encre... Certains diront même que la finale fut "arrangée" pour que l'Allemagne et l'Angleterre, deux équipes européennes s'affrontent.

Quoiqu'il en soit, c'est une équipe d'Angleterre vêtue d'un maillot rouge, qui s'en va défier une équipe d'Allemagne dans ses couleurs traditionnelles, à Wembley, ce 30 juillet 1966 devant la Reine d'Angleterre. L'Angleterre qui joue en 4-3-3, n'a jusque-là encaissé qu'un seul but. Et c'est la stupeur quand à la 12ème minute, Helmut Haller ouvre le score sur un mauvais dégagement du défenseur anglais, Ray Wilson. L'Allemagne mène mais l'avantage ne dure que six minutes: après qu'Overath ait commis une faute sur lui, le capitaine et défenseur Bobby Moore joue le coup franc et envoie un long ballon sur la tête de l'attaquant Geoff Hurst qui trompe Tilkowski. 1-1. Le match se poursuit: Beckenbauer et Bobby Charlton, la star de l'Angleterre, qui se surveillent de très près, ont tendance à se neutraliser et leur impact sur le jeu de leur équipe respective est peu importante. C'est le dernier quart-d'heure de jeu. Sur un corner, Hurst tente un tir de l'extérieur de la surface de réparation qui est contré par Höttges et est récupéré par Martin Peters qui marque pour l'Angleterre. A 2-1 pour les Anglais à la 78ème minute, on peut penser le match plié. Mais l'Allemagne n'a pas dit son dernier mot: à quelques secondes du coup de sifflet final, sur un coup franc tiré par Emmerich, le ballon est contré et dévié par plusieurs joueurs dont Schnellinger que Gordon Banks, le gardien anglais accusera toujours - à tort - de l'avoir touché de la main. Alors que tout le monde est à contrepied, Wolfgang Weber au second poteau, plonge pour marquer le but de l'égalisation. 2-2. C'est la première fois dans l'histoire de la Coupe du Monde, que des prolongations doivent être jouées pour départager les équipes.

 

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Weber égalise dans les dernières minutes du temps réglementaire!

C'est la 101ème minute, l'Anglais Alan Ball sert son attaquant Geoff Hurst dans la surface. Hurst déclenche un tir puissant qui heurte la transversale, rebondit au sol, ressort et est aussitôt dégagé par Weber. Le but est rentré ou pas? C'est la question que se pose l'arbitre suisse Gottfried Dienst incertain, qui consulte son juge de touche soviétique, Tofiq Bahramov. Les deux ne parlent pas la même langue mais Bahramov fait comprendre que le ballon est bien rentré et Dienst valide le but sous les protestations des Allemands!

 

World-Cup-1966-Goal.jpg

Tilkowski est battu mais est-ce que le ballon est rentré?

Les Allemands sont sonnés, dépités mais se ruent à l'attaque. Le match est presque fini: Moore hérite du ballon et l'envoie à Hurst, qui court et envoie une mine qui porte le score à 4-2... dans des circonstances très litigieuses, puisque certains spectateurs avaient commencé à envahir la pelouse (pour la petite histoire, Hurst dira après coup que le but était accidentel puisque sachant le coup de sifflet final imminent, il avait juste essayé d'envoyer le ballon le plus loin possible)! Nevermind. Les Anglais ont triomphé chez eux, à Wembley, devant leur reine; Hurst est devenu le premier (et le seul à ce jour) joueur à avoir inscrit un triplé en finale et Bobby Moore peut soulever devant la foule en délire, un trophée qui avait été volé puis retrouvé par le chien Pickles quelques semaines auparavant. England rules!

Beckenbauer a beau avoir explosé comme le grand joueur du tournoi, Haller a eu beau inscrire 6 buts... pour les Allemands, la pilule ne passe pas! Ils sont persuadés que le but de Hurst n'est jamais rentré et le contestent encore aujourd'hui. A vrai dire, ce but de la 101ème minute est sûrement le but le plus contesté de la Coupe du Monde. D'autant plus contesté que jusqu'à maintenant, personne n'a jamais pu affirmer à 100% qu'il fut valide ou pas. La qualité des images d'époque n'aide pas vraiment. Quant aux résultats des études, modélisations et autres travaux scientifiques modernes, ils ont tendance soit à confirmer l'une des assertions... soit à confirmer l'autre! Bref, une énigme qui fait encore couler beaucoup d'encre.

 

66-4.jpg

Les Allemands dégoûtés...

Malgré les polémiques, cette Coupe du Monde a été l'occasion de premières: c'est la première fois qu'une grande majorité des matchs sont filmés en couleur, que les hymnes nationaux sont joués avant les matchs, que la Coupe du Monde possède une mascotte: le lion Willy ouvrant la voie au merchandising. Le jeu très prudent et défensif ajouté à tout cela, fait de cette édition, l'une des premières que l'on pourrait qualifier de "moderne". Une modernité dans laquelle l'Allemagne, certes finaliste, a réussi son entrée. Avant cela, l'Allemagne avait eu des difficultés à s'imposer malgré le titre de 1954, comme l'un des acteurs majeurs du football. Cette époque est désormais révolue: l'Allemagne va devenir la grande équipe du football moderne. En fait, l'histoire ne fait pour elle que commencer.

 

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Haller récupérera le ballon de la finale qu'il restituera aux anglais en 1996!



#29
JB6

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Peut-être ma RFA préférée... cette version 1966, elle envoyait tellement de rêve. La raison? Franz. Bordel, c'était juste un ovni en fait. Il jouait plus avancé qu'en 1970 et 1974, plus offensif. Un régal technique.

Son but vs la Suise est un petit bijou au passage.

La ligne d'attaque, c'était le must absolu. Avec en prime Overath aux côtés de Franz, qui dit mieux?

Le match contre l'Uruguay = un vrai scandale. Jamais pu encadrer les Uruguayens, et ce genre de match confirme mon aversion pour cette sélection.

Un mondial passionnant mais difficile à admettre au final, tant tout a été mis en place pour que l'Angleterre gagne.

J'avais adoré Eusebio, et voir l'Italie éliminée par la Corée du Nord ahahahahaha


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#30
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Peut-être ma RFA préférée... cette version 1966, elle envoyait tellement de rêve. La raison? Franz. Bordel, c'était juste un ovni en fait. Il jouait plus avancé qu'en 1970 et 1974, plus offensif. Un régal technique.

Son but vs la Suise est un petit bijou au passage.

La ligne d'attaque, c'était le must absolu. Avec en prime Overath aux côtés de Franz, qui dit mieux?

Le match contre l'Uruguay = un vrai scandale. Jamais pu encadrer les Uruguayens, et ce genre de match confirme mon aversion pour cette sélection.

Un mondial passionnant mais difficile à admettre au final, tant tout a été mis en place pour que l'Angleterre gagne.

J'avais adoré Eusebio, et voir l'Italie éliminée par la Corée du Nord ahahahahaha

J'ai aussi une affection particulière pour cette équipe: c'était jeune, c'était frais, offensif... Il y avait beaucoup de très bons joueurs: Becknenbauer certes mais aussi Haller, Schnellinger, Overath, les deux légendes de Dortmund "Siggi" Held et Lothar Emmerich, ce dur à cuire de Höttges et son pendant plus technique, Wolfgang Weber et évidemment, Uwe Seeler. En fait, sur le tournoi, il n'y a aucun joueur qui a vraiment failli ou qui aurait pu passer pour le talon d'Achille de l'équipe. Je pense que c'était vraiment la meilleure équipe du tournoi. Mais bon, l'Angleterre, même si tout était fait pour qu'ils gagnent chez eux, c'était vraiment une grosse équipe et sur la finale, on ne peut rien leur reprocher: ok, il y a ce but controversé mais bon, dedans, pas dedans... de toute façon quelque aurait été la décision de l'arbitre, il y en aurait toujours eu un pour crier au scandale. Tilkowski était de toute façon battu.

 

Après, l'arbitrage, les expulsions, c'était franchement abusé. Autant sur les expulsions de Troche et Silva contre l'Allemagne (surtout que Troche met une gifle à Seeler), il n'y a pas grand chose à dire; autant sur celle d'Antonio Rattin contre l'Angleterre, c'était n'importe quoi et on n'a jamais su vraiment la raison. Les équipes sud-américaines ont payé leur grinta mais bon, vu qu'elles comptaient parmi les meilleures équipes du monde, ben... je doute que ces expulsions étaient "fortuites". En tout cas, vu le bordel que ces expulsions ont occasionné (Rattin ne voudra pas sortir du terrain, feignant de ne pas comprendre), la FIFA va mettre en place le système des cartons à la Coupe du Monde 1970 (même si le premier carton rouge est sorti en 1974). 

 

Sinon, le Portugal d'Eusebio très très fort. La Corée du Nord qui est la grosse surprise de la compétition. Et puis, on oublie souvent mais il y avait... la France!  :lol:  :lol:  :lol:



#31
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Sinon, petit hommage à Hans Schäfer, l'un des grands noms de l'équipe d'Allemagne, et qui a fait partie de l'équipe des Champions du monde 1954, qui est décédé hier à l'âge de 90 ans. 

 

Joueur emblématique du 1. FC Köln, il a la particularité d'avoir remporté deux fois le championnat d'Allemagne: une fois en 1962, avant l'ère de la Bundesliga et une autre fois en 1964, à l'ère de la Bundesliga. Il a été aussi Meilleur Joueur Allemand de l'année 1963... à 36 ans! Il comptait 39 sélections pour 15 buts.

 

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RIP

 

Désormais, Horst Eckel est le seul joueur encore vivant de cette équipe 1954. 



#32
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Sous le soleil de Mexico (1966-1970)

 

Pas le temps de cogiter sur la défaite contre l'Angleterre, Helmut Schön a déjà en tête le prochain objectif: le Championnat d'Europe des Nations 1968! Contrairement à son prédécesseur Sepp Herberger qui n'avait pas voulu participer aux éliminatoires des précédentes éditions 1960 et 1964, Schön accorde de l'intérêt pour cette compétition qui met aux prises les meilleures équipes européennes. Dans cette optique, dès la fin de la Coupe du Monde 1966, il lance de nouvelles têtes en sélection. Et beaucoup d'entre elles viennent du FC Bayern, le club qui progresse à grand pas en Bundesliga. Sepp Maier prend la relève de Hans Tilkowski dans les cages et un jeune attaquant aux cuisses énormes, Gerd Müller étrenne sa première sélection contre la Turquie, le 12 octobre 1966 en match amical. Si celui qui deviendra "der Bomber" reste muet lors de ce premier match, il s'illustre en signant un quadruplé quelques mois plus tard, lors de sa seconde cape contre l'Albanie en match de qualification de l'Euro. Il faut dire qu'entre temps, il est devenu l'un des plus prolifiques attaquants du championnat. Helmut Schön fait aussi de plus en plus confiance à un petit défenseur pugnace et accrocheur qui joue à Mönchengladbach: Berti Vogts, qui très rapidement va devenir quasi inamovible en sélection. 

 

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L'équipe 1970: Seeler, Maier, Schnellinger, Beckenbauer, Schulz, Löhr, Müller, Grabowksi, Patzke, Overath, Vogts.

 

A la différence des autres éditions de l'Euro, les qualifications de celles de 1968 se jouent lors de poules (avant, il s'agissait de match à élimination directe). Si l'Allemagne débute fort en explosant l'Albanie, un adversaire très faible, 6-0, elle se fourvoie contre la Yougoslavie de Josip Skoblar (défaite 1-0). Elle se rattrape en gagnant à domicile contre cet adversaire (6-0) mais doit absolument gagner lors son dernier match pour être qualifié pour l'Euro 1968. Comme l'adversaire s'appelle l'Albanie et qu'elle est l'une des plus faibles nations européennes, on pourrait penser que c'est du tout cuit. Pourtant, preuve que tout est possible, sur un terrain boueux et dégueulasse, le match accouche d'un 0-0 qui permet aux Yougoslaves d'être qualifiés! Les Allemands pas avares quand il s'agit de s'auto-critiquer, nommeront ce match, "der Schmacht von Tirana" (la honte de Tirana)... et parce qu'ils tirent des leçons de leur contre-performances, ce sera la première et la dernière fois qu'ils n'arriveront pas à se qualifier pour un tournoi international. 

 

Les qualifications pour la prochaine compétition en vue, la Coupe du Monde 1970 sont malgré une victoire que de 1-0 à l'extérieur contre Chypre, pris avec sérieux et l'équipe poinçonne sans trop suer son ticket pour le Mexique où se déroule le Tournoi. Comme pour corriger une anomalie de leur histoire, ils enregistrent leur première victoire (3-2) contre l'Ecosse, le 22 Octobre 1969 à Hambourg. L'équipe est fin prête pour la Coupe du Monde. Mais pour Helmut Schön, beaucoup de questions restent en suspens. 

 

La première est la question de l'attaquant. Gerd Müller est le meilleur buteur du championnat et en 19 sélections, a inscrit 17 buts. Il serait légitime si l'attaquant de la sélection n'était pas Uwe Seeler, 33 ans, avec une expérience énorme et de surcroît, capitaine de l'équipe. Entre les deux, il faut choisir... ou pas! Schön tranche: Müller va jouer en pointe, Seeler devra jouer en retrait et lui donner les ballons. La seconde question est la position de Beckenbauer. Depuis 1968, celui que l'on appelle désormais der Kaiser, évolue au Bayern Munich dans un poste révolutionnaire de libéro où il peut à son gré, mener l'équipe à la baguette. Helmut Schön hésite de le faire jouer à ce poste car cela supposerait mettre sur le banc l'expérimenté défenseur hambourgeois, Willi Schulz, certes bien moins doué mais en qui Schön a une énorme confiance. Là aussi, Schön tranche: le Kaiser jouera au milieu comme en 1966... sauf qu'après une prestation très mitigée lors du premier match, Schulz finira par rejoindre le banc. Officiellement pour blessure...

 

La Coupe du Monde de 1970 reste dans la mémoire des joueurs qui y ont participé comme un excellent souvenir. Peut-être en raison de l'excellent parcours d'un magnifique Brésil, des gestes d'anthologies de Pelé, du fait que la plupart des matchs étaient retransmis en couleurs... mais aussi peut-être en raison du fait que le Mexique pour beaucoup de joueurs (peut-être pas pour Bobby Moore compromis dans une louche histoire de vol), c'était un peu comme les vacances! Soleil, piscines, cocktails. Et football. D'après Beckenbauer, l'humeur était au beau fixe en sélection à cette époque et cela se voit dès le premier match. Opposés pour la première fois de leur histoire à une équipe africaine, le Maroc, les Allemands se font un peu peur avant de se rattraper par la suite. Une tête ratée de Höttges sur un centre anodin, permet au marocain Jarir d'ouvrir le score contre le cours du jeu (21'). Les Allemand pilonnent un vaillant gardien marocain, Kassou qui finit par plier sur un but de Seeler (56') puis un autre plein d'opportunisme de Müller (80'). Mais pour Schön, il faut modifier le 11-type: Schulz est écarté au profit de Schnellinger en défense et "Stan" Libuda, le virevoltant ailier de Schalke 04 remplace le "vieux" Haller.

 

Le second match contre le Bulgarie tourne à la démonstration de force: même s'ils ont ouvert le score, les bulgares sont balayés 5-2 et Müller signe un triplé. Le dernier match de poule n'a pas vraiment d'enjeu puisque l'Allemagne et le Pérou sont d'ores et déjà qualifiés. Mais les Allemands ne prennent pas ce match à la légère et c'est une nouvelle fois Gerd Müller qui sort un triplé pour une victoire 3-1. L'Allemagne propose un jeu offensif, spectaculaire et où les buts pleuvent. 

 

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"Stan" Libuda contre les Bulgares

 

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Un triplé contre la Bulgarie, un autre contre le Pérou: Gerd Müller au sommet de son art

 

Qualifiés pour les quarts de finale, les Allemands ont l'opportunité de prendre leur revanche sur la défaite de 1966 en jouant contre les Anglais. Certains des acteurs ne sont plus là, mais d'autres le sont toujours notamment du côté anglais, Bobby Moore, Bobby Charlton et Geoff Hurst. Pour ce match, Schön a préféré reconduire l'équipe des deux derniers matchs. Sir Alf Ramsey, le sélectionneur anglais, lui a préféré remplacer le gardien Gordon Banks, auteur d'une superbe prestation en poule contre le Brésil mais souffrant de maux d'estomac par Peter Bonetti. L'Angleterre prend d'entrée le contrôle du ballon. A la 31ème minute, sur un centre de Keith Newton, Alan Mullery échappe à Berti Vogts et ouvre le score. Les Allemands sont trop timides et sont clairement dominés. A la 50ème minute, Martin Peters alourdit le score en reprenant un nouveau centre de Newton. 2-0. L'Allemagne semble éliminée. Mais alors que tout est perdu, Beckenbauer se transforme en sauveur de la nation: il se débarrasse de Mullery, se met sur son pied droit et envoie un tir qui trompe Bonetti (68').

 

 

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Beckenbauer prêt à mystifier Mullery

 

A 2-1, cependant, rien n'est fait pour l'Allemagne. Mais, les Allemands vont bénéficier d'une nouveauté que l'on appelle le "coaching". En effet, ce n'est que depuis cette Coupe du Monde que les entraîneurs ont le droit de remplacer deux joueurs en cours de match et jusque là, tous les entraîneurs ont utilisé ce joker... qui peut aussi se retourner contre eux. Sir Alf Ramsey choisit de faire sortir Bobby Charlton, la star vieillissante de l'équipe anglaise, juste après le but de Beckenbauer, "pour le préserver". Ce choix aura des conséquences énormes sur le match et beaucoup critiqueront le choix du sélectionneur, coupable d'un excès de confiance. Non seulement Colin Bell, le remplaçant, fait une prestation médiocre mais en plus, libéré du poids de Charlton, les Allemands se ruent à l'attaque et ce qui devait arriver, arrive. Sur une longue passe en hauteur de Schnellinger, Uwe Seeler au duel avec un défenseur anglais, reprend la balle du sommet du crâne et dans une trajectoire lobée improbable va se loger dans la lucarne d'un Bonetti impuissant. A 2-2, il faut jouer les prolongations dans la chaleur étouffante de l'Estadio Nou Camp de Leon. Et à ce petit jeu-là, ce sont les Allemands qui sont les plus forts. D'autant plus que le coaching de Schön a été plus pertinent: il fait rentrer Grabowski à la 57ème minute à la place de Libuda et celui que l'on surnomme en Allemagne, "der beste Einwechselspieler der Welt" ("le meilleur remplaçant du monde"), justifie son surnom. Il mystifie Terry Cooper par une feinte et centre pour la tête de Löhr qui trouve Müller au second poteau, à moins de 5 mètres des cages. Celui-ci ne loupe pas ce genre d'occasion: d'une volée, il marque le but de la victoire des Allemands. L'Allemagne a fait payer aux Anglais la défaite de Wembley. Et ces derniers la payent toujours puisque comme une malédiction, depuis ce match et à ce jour, les Anglais n'ont jamais battu les Allemands dans une phase finale de compétition internationale!  

 

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Dans son style peu élégant, Müller marque le but décisif contre l'Angleterre

 

Après l'Angleterre, c'est l'Italie que l'Allemagne trouve sur son chemin en demi-finale. Si les double champions du monde n'ont connu que des désillusions en compétition depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, ils ont réussi à revenir sur la scène internationale en remportant l'Euro 1968 grâce à ses stars qui jouent pour la plupart dans le même club, l'Inter Milan: Burgnich, Facchetti, Mazzola, Boninsegna. Bref, à l'époque, Allemagne et Italie sont à l'époque, sûrement les deux meilleures équipes européennes: le match s'annonce donc très serré et disputé. Il le sera.

 

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Italie-Allemagne: une des plus grandes rivalités du football

 

Schön a fait des changements dans son effectif en choisissant en défense centrale, le vieux Schulz pour remplacer Höttges, blessé lors du match contre l'Angleterre. Grabowski si précieux contre l'Angleterre, est titularisé à la place de Libuda. L'Italie, elle, joue sans son petit génie Gianni Rivera (du Milan AC), à qui l'entraîneur transalpin préfère Sandro Mazzola (de l'Inter Milan), les deux n'arrivant pas à jouer ensemble. 

 

C'est à l'Estadio Azteca de Mexico, devant plus de 100 000 personnes que se dispute ce qui deviendra le "match du siècle". Vraiment? Beckenbauer dira par la suite que les gens ont tendance à oublier qu'il ne s'est rien passé pendant 90 minutes. Et c'est un peu le cas.

 

Boninsegna, isolé entre quatre défenseurs, profite d'un une-deux dévié pour fusiller Maier de loin et ouvrir le score à la 8ème minute. Le reste de la partie n'est qu'une succession de tentatives allemandes souvent peu convaincantes d'égaliser. Beckenbauer qui n'hésite pas à se lancer dans de grandes courses balle au pied est stoppé irrégulièrement à l'entrée de la surface à la 67ème minute. Le coup franc ne donnera rien mais le Kaiser a la clavicule cassée et comme tous les changements ont été faits, devra continuer la partie avec le bras "strappé" contre la poitrine. L'image qui fera le tour du monde, mettra en avant une autre facette jusque-là peu connue du joueur: son courage et son esprit de sacrifice.

 

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Beckenbauer joue blessé. 

 

Alors que l'on joue les arrêts de jeu, Schnellinger, le plus "italien" des Allemands, monté aux avant-postes reprend du plat du pied un centre de Grabowski et marque le seul but de toute sa carrière en sélection. Mais un but qui vaut de l'or et qui permettra de voir les prolongations les plus folles de l'histoire du football. 

 

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Le seul but international de Schnellinger: un but qui vaut de l'or!

 

Et celles-ci commencent fort pour l'Allemagne. Quatre minutes après le début des prolongations, sur un corner de Libuda, Poletti récupère le ballon et tente de le passer à son gardien Albertosi. Gerd Müller se faufile entre les deux joueurs et dans son style opportuniste, intercepte le ballon pour le dévier dans les cages d'un Albertosi qui plonge vainement pour l'attraper. Un pur but de renard des surfaces qui donne l'avantage à l'Allemagne.

 

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Personne ne l'avait vu venir et Müller marque un vrai but de renard...

 

Un avantage très court: quatre minutes plus tard, sur un coup franc italien, Held rate totalement son dégagement et la balle retombe dans les pieds de Burgnich qui comme Schnellinger, marque le seul but de sa carrière en sélection. Et ce n'est pas fini: à la 104ème minute, Gigi Riva, l'un des meilleurs buteurs transalpin, reprend un ballon de Domenghini, prend Schnellinger à contre-pied et marque un but qui redonne l'avantage aux Italiens. 3-2. Mais ce n'est toujours pas fini: sur une tête de Seeler, c'est encore une fois, Gerd Müller qui parvient de la tête,  à effleurer suffisamment le ballon pour le faire rentrer dans les buts d'Albertosi et égaliser. Ce match est fou. Tellement fou qu'à peine une minute après le but de Müller, c'est le petit prodige du Milan AC, Gianni Rivera rentré à la place de son rival Mazzola, qui marque en reprenant un centre de Boninsegna! 4-3! Ce sera le but final: l'Italie se qualifie dans un match de folie dans lequel cinq buts ont été inscrits en prolongations!

 

L'Italie jouera donc la finale contre le Brésil, dans un match tout aussi d'anthologie qui verra Pelé remporter sa troisième Coupe du Monde tandis que l'Allemagne devra se contenter de la petite finale, qu'elle remportera face à l'Uruguay (1-0)

 

Malgré la défaite contre l'Italie, l'Allemagne a sorti une excellente prestation contre des adversaires très difficiles et dans une compétition très relevée.  Gerd Müller a tout simplement impressionné le monde du football en marquant 10 buts dans le tournoi: une performance qui va lui permettre de recevoir le Ballon d'Or, qu'aucun allemand avant lui, n'a jamais reçu. Beckenbauer a prouvé une fois de plus qu'il est l'un des meilleurs joueurs de sa génération et Maier a déjà fait oublier Tilkowski. 

 

Bref, des joueurs comme Seeler, Schnellinger ou Haller peuvent prendre leur retraite, la relève semble plus qu'assurée!

 

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"C'est pas grave, tu gagneras la prochaine fois"



#33
Wunderbern

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L'Allemagne "Ramba-Zamba" Championne d'Europe (Euro 1972)

 

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Le grand blond et le grand brun avec une coupe d'Europe. 

 

La fin des années 60 est une période d'innovation et d'expérimentation pour le rock et le football. Dans le milieu rock, les cheveux s'allongent, les jupes se raccourcissent et les artistes produisent des sons fabuleux, psychédéliques et complexes grâce à leurs instruments. Un vent de liberté souffle sur l'époque. En football, en revanche, c'est plutôt l'inverse: le jeu se bride, les défenses se verrouillent et c'est l'époque de l'ordre et la discipline. Bref, on ne sent pas trop le vent de liberté... Celui-ci existe mais il faudra attendre le début des années 70, pour en sentir le souffle. Un souffle qui vient du plat pays: les Hollandais de l'Ajax Amsterdam comme Jimi Hendrix dans le rock, redéfinissent le football. Ils produisent un jeu fabuleux, complexe, esthétique, novateur où l'espace, l'utilisation du ballon et l'attaque sont repensés. Un vent d'apparente liberté (parce qu'en fait, le football total ajacide était bien plus discipliné et rigoureux qu'on le croit) souffle sur le football. D'ailleurs, comme un signe, les Hollandais ont aussi les cheveux longs...

 

Ils ne sont cependant pas les seuls en Europe à vouloir et pratiquer un tel football. En Allemagne, le Borussia Mönchengladbach de Hennes Weisweler suit aussi cette voie. Et après une longue maturation, le club atteint son apogée au début des années 70, raflant même au nez et à la barbe du FC Bayern, deux titres de Champion en 1970 et 1971. 

 

Forcément, ces succès ne passent pas inaperçus aux yeux du sélectionneur Helmut Schön, qui doit régulièrement renforcer l'équipe d'Allemagne pour les nouvelles échéances et surtout remplacer quatre joueurs-clés partis à la retraite: Seeler, Schnellinger, Haller et Schulz. L'un des joueurs qu'il a à l'oeil est le milieu offensif Günter Netzer. Il n'est pas un rookie en sélection nationale puisqu'il est depuis 1965, sporadiquement appelé en sélection. Néanmoins, ce joueur au toucher de balle soyeux, aimant évoluer comme un électron libre, n'a jamais pu vraiment s'imposer en équipe d'Allemagne puisque Schön lui a toujours préféré Wolfgang Overath, plus discipliné dans son rôle. Quant à les faire jouer ensemble... Helmut Schön a déjà essayé et le résultat a été une catastrophe: c'était lors de ce fameux match nul en Albanie, en 1967 qui a coûté à l'Allemagne sa qualification à l'Euro 1968. Néanmoins, quelques matchs ratés de la Deutsche Nationalmannschaft ainsi que les succès de Gladbach vont changer la donne.

 

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Overath et Netzer, la combinaison impossible

 

L'Euro 1972 est le prochain objectif pour les Allemands. Le premier match qualificatif à domicile contre la Turquie en octobre 1970 ne se passe pas si bien. L'opposition accouche d'un 1-1 insipide où la plupart des joueurs sont à côté de leurs pompes notamment Libuda et surtout Overath, nommé capitaine à la suite de Uwe Seeler. C'est Gerd Müller qui sauve la nation en marquant le but de l'égalité. Le match suivant, en février 1971 à Tirana, contre l'Albanie, ne se révèle guère mieux: un maigre 1-0 qui rappelle la contre-performance de 1967. Schön comme en 1967 a essayé de faire jouer Overath et Netzer ensemble et cela n'a encore une fois pas marché. Et encore une fois, c'est Gerd Müller qui a marqué le seul but du match. 

 

Lors du match retour en Turquie, en avril 1971, Schön décide de tout changer. Beckenbauer est enfin placé au poste de libéro où il brille en club et est nommé capitaine. Overath étant blessé, Schön choisit de titulariser Netzer aux côtés de Herbert Wimmer et de Horst Köppel, ses coéquipiers de club. Ce qui signifie que Netzer aura toute la liberté de jouer comme il joue en club. Le résultat est sans appel: l'Allemagne s'impose 3-0 avec un doublé de Müller et un but de Köppel. Schön semble avoir trouvé la formule, et celle-ci porte le sceau des Fohlen de Gladbach.

 

Sauf que tout repart de travers deux mois plus tard contre l'Albanie. Dans un match où un nouveau joueur du FC Bayern, Hans-Georg Schwarzenbeck fait ses débuts, Helmut Schön aligne 6 joueurs de Gladbach (Netzer, Wimmer, Vogts, Heynckes, Köppel, Sieloff)... mais aussi Overath, revenu de blessure. Malgré la victoire 2-0, la prestation est médiocre ("un match que tout le monde veut oublier" dixit Schön) et celui que tout le monde pointe du doigt est Wolfgang Overath, qui "empêche" cette Deutsche Mannschaft très "Fohlen" de jouer convenablement. Et cela se vérifie au match suivant, confrontée à la Pologne à l'extérieur, sans Overath, mais avec Netzer, l'Allemagne s'impose 3-0 (avec un nouveau bavarois nommé Paul Breitner). Lors du dernier match de qualification, de nouveau contre la Pologne mais à domicile, l'Allemagne fait match nul... avec Overath. 

 

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Netzer, Schwarzenbeck, Beckenbauer, Kleff, Held, Wimmer, Overath, Grabowski, Müller, Breitner, Vogts, contre la Norvège en 1971

 

La verdict du terrain semble sans appel: l'équipe fonctionne mieux avec Netzer qu'avec Overath et que les deux semblent incapables de jouer ensemble. Bref, pour Helmut Schön, il faudra faire un choix et ce choix est tout vu...

 

Aussi le fait de ne pas retrouver le nom d'Overath dans la liste des joueurs retenus pour participer au quart de finale aller à Wembley contre l'Angleterre ne constitue pas vraiment une surprise. Sauf qu'en fait, Helmut Schön ne l'a pas du tout écarté de la sélection. Le sélectionneur allemand accorde une confiance totale au joueur du 1. FC Cologne et l'aurait bien pris si ce dernier ne s'était pas blessé à l'aine. Mais au final, cela va se révéler un mal pour un bien: sans Overath, Netzer va s'installer aux commandes du jeu et l'Allemagne va produire le plus beau jeu de son histoire.

 

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Uli Hoeneß inscrit son premier but international lors de sa première cape, en amical contre la Hongrie, le 29 mars 1972

 

Il faut dire qu'à l'époque, le football allemand est à son sommet et Helmut Schön n'a que l'embarras du choix pour choisir ses joueurs. Les deux clubs qui dominent le championnat sont le Bayern et le Borussia Mönchengladbach. Schön ne s'embarrasse pas et prend 6 bavarois (Maier, Schwarzenbeck, Beckenbauer, Müller, Breitner, Uli Hoeneß) et 7 joueurs de Gladbach (Vogts, Wimmer, Heynckes, Netzer, Bonhof, Köppel et Kleff). La grande difficulté est d'arriver à faire jouer les joueurs des deux clubs rivaux ensemble. L'équipe est jeune (23 ans d'âge de moyenne) et certains joueurs comme Paul Breitner ou Uli Hoeneß n'ont que 5 sélections au compteur (Hoeneß a fait ses débuts lors d'un match amical contre la Hongrie en mars 1972 où il en a profité pour marquer son premier but en sélection). Schön a troqué son 4-2-4 pour un 4-3-3 qui est proche de la formation de Gladbach. Il a aussi choisi de ne pas sélectionner de joueurs de Schalke 04 (dont le jeune Erwin Kremers) le club étant compromis dans le scandale des matchs truqués de Bundesliga. Grabowski revenant juste de blessure et Berti Vogts blessé, ne sont pas aussi retenus. L'équipe que choisit Schön pour affronter l'Angleterre se compose donc de: Maier - Höttges, Schwarzenbeck, Beckenbauer, Breitner - Hoeneß, Netzer, Wimmer - Grabowski, Müller, Held. 

 

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Netzer et Hoeneß, buteurs contre l'Angleterre

 

Vêtus de vert, les Allemands produisent un jeu exceptionnel: les vagues d'attaque s'enchaînent, les combinaisons se multiplient, les transmissions de balle sont hyper-rapides et l'Angleterre est vite dépassée tactiquement et techniquement. C'est Hoeneß qui ouvre le score suite à une combinaison à la 26ème minute. Francis Lee réussit à égaliser à la 77ème minute suite à une erreur de Beckenbauer. Netzer reprend l'avantage en marquant un pénalty à la 84ème minute et Gerd Müller ajoute un troisième but qui fait de lui le recordman des buts inscrits (43) en sélection devant Uwe Seeler, à la 88ème minute. Les Allemands s'imposent 3-1 à Wembley pour la première fois de leur histoire. Un score presque flatteur pour les Anglais tant les Allemands ont dominés les débats. Les médias (même français!) sont dithyrambiques: c'est la meilleure prestation de toute l'histoire de l'équipe allemande! Günter Netzer a illuminé Wembley et son entente avec Beckenbauer avec qui il a mené le jeu, a été parfaite. Bref, les médias allemands retiendront cette équipe-là, en lui donnant le nom de "Wembley Elf"

 

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Schwarzenbeck veille au grain

 

Le retour accouche d'un 0-0 anecdotique mais avec cette victoire, l'Allemagne peut participer au Tournoi final de l'Euro 1972 (qui ne commence qu'en demi). Avant de se rendre en Belgique où se déroule l'Euro (précisons que le lieu où se déroulait le tournoi final était choisi parmi les 4 nations qualifiées), les Allemands se payent l'URSS en amical, 4-1 avec un quadruplé de Gerd Müller. Un avant-goût de ce qui pourrait attendre les Soviétiques dans la finale qu'ils pourraient atteindre (ils sont aussi qualifiés pour le Tournoi final).

 

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Gerd der Bomber fait un petit quadruplé contre l'URSS en amical, pour s'échauffer avant une demi-finale

 

En demi finale, l'Allemagne est confronté à l'hôte, la Belgique qui joue devant son public à Anvers. Le ban sur les joueurs de Schalke 04 est oublié: Schön sélectionne Erwin Kremers, qu'il titularise en attaque aux côtés de Gerd Müller. Dans le groupe, il retient aussi Vogts même si en raison de ses blessures, celui-ci a peu de chances de jouer. 

 

La ferveur des supporters ne suffira pas: Gerd Müller signe un doublé qui fait mal aux Belges. Ceux-ci ne réussiront qu'à marquer qu'en fin de match, un peu trop tard. La finale va se jouer contre l'URSS... que l'Allemagne a humilié quelques semaines auparavant. Autant dire que le favori est tout désigné. 

 

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La Belgique contre l'Allemagne de Beckenbauer ne fera pas le poids

 

La finale sera un véritable feu d'artifice pour ce Wembley-Elf... et un véritable massacre pour l'Union Soviétique. Cette dernière est rapidement asphyxiée: les passes se multiplient (les Allemands arrivent même à enchaîner plus de 30 d'affilée!), précises, létales. Netzer et Beckenbauer organisent le jeu et n'hésitent pas à permuter à tous les niveaux du terrain et Gerd Müller joue seul en pointe: la maîtrise allemande est telle que Schön n'a même pas besoin de lui adjoindre un coéquipier pour l'aider.

 

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Netzer insaisissable au milieu

 

Le premier but est un modèle de construction: Netzer passe à Breitner au milieu, qui passe en retrait à Beckenbauer. Celui-ci remonte le terrain balle au pied, dribble deux joueurs, passe pour Müller qui en une touche de balle, dévie pour Netzer à l'entrée de la surface de réparation. Netzer tente un tir acrobatique qui rebondit sur la transversale. Le ballon dégagé à l'arrache par la défense russe, retombe dans les pieds de Heynckes excentré sur la droite. Celui-ci envoie une frappe puissante qui est repoussé par le gardien russe dans les pieds de Müller qui ouvre le score à la 27ème minute! Le deuxième but est plus classique: Heynckes trouve Wimmer en profondeur qui croise sa frappe pour tromper pour la deuxième fois, Rudakov, le gardien soviétique à la 52ème minute. A la 58ème minute, une relance allemande trouve Schwarzenbeck lancé en profondeur, celui-ci passe à Müller qui passe à Heynckes. Ce dernier redonne à Schwarzenbeck qui a poursuivi sa course jusque dans la surface. Le défenseur fait une course passe à Gerd Müller qui conclue l'action. 3-0, la messe est dite. Les Allemands remportent leur premier Championnat d'Europe des Nations et leur premier titre international depuis 1954. Mais à la victoire, ils ont ajouté la manière!

 

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Gerd Müller signe un doublé en finale contre l'URSS

 

Cette victoire est restée dans l'histoire comme celle de la plus belle des équipes d'Allemagne. Jusque-là, la sélection allemande avait toujours été considérée comme une équipe certes forte, technique et très talentueuse mais sans aucun grain de folie, très (trop?) disciplinée, très pragmatique voire parfois excessivement laborieuse. Bref, pas le genre d'équipe à vendre du rêve. Le grand succès de Helmut Schön est d'avoir réussi à associer le côté magique, un peu fou et libertaire du Borussia Mönchengladbach à celui plus carré, discipliné et pragmatique du Bayern Munich, représentés à travers leurs stars respectives, Netzer et Beckenbauer. Beaucoup de mauvaises langues diront plus tard (notamment après la Coupe du Monde 1974) que les deux joueurs ne s'appréciaient pas en raison de leur volonté à avoir la main mise sur le jeu de la sélection et à évoluer en électron libre. Pourtant, cela est faux. Jamais l'association entre les deux rivaux n'a été aussi efficace et complémentaire: les deux joueurs combinant souvent entre eux et n'hésitant pas à échanger de position. 

 

Cette équipe d'Allemagne est restée dans les mémoires allemandes comme étant la plus belle et la plus folle. A l'époque, les médias allemands avaient nommé le jeu pratiqué par cette équipe, "Ramba-Zamba-Fußball" ("Ramba-Zamba" signifie "faire la foire", "foutre le boxon"). 

 

Cet Euro a été le triomphe du "Ramba-Zamba-Fußball".



#34
Roter Baron

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Tjrs aussi intéressant, merci Wunder' :)


"Heute ist ein guter Tag, um Geschichte zu schreiben!"


#35
Gingerbread

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C’est littéralement passionnant et les photos en plus, un vrai régal!!! Hoeness avec beaucoup de cheveux lol!!!

#36
Wunderbern

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L'Allemagne pour la seconde fois championne du monde! (1974)

 

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Le triomphe du Kaiser

La Coupe du monde 1974 se déroule en Allemagne pour la première fois de son histoire. Parce qu'elle dispute donc cette compétition à domicile et parce qu'elle a brillamment remporté l'Euro 1972, la Deutsche Nationalmannschaft est la grande favorite du Tournoi.

Du moins en apparence.

Car en coulisses, c'est autre chose. En deux ans, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et la belle harmonie qui régnait entre les joueurs, a depuis éclaté. Déjà, Erwin Kremers, le Schalker est viré de la sélection pour avoir traité un arbitre de sale cochon (3 fois selon les rapports d'époque) lors de la dernière journée de la Bundesliga. Ensuite, il y a les relations entre joueurs de Gladbach et ceux du Bayern qui ont sévèrement empiré. Les joueurs du Bayern veulent avoir la main-mise sur le jeu de la sélection, estimant que le jeu de 1972 était trop dominé par les joueurs de Mönchengladbach. Dans un sens, ils n'ont pas tort: le Bayern a repris la main en championnat et même vient de s'adjuger la Coupe d'Europe des Champions. Et Günter Netzer, le meneur de jeu de Gladbach ne joue même plus dans le club allemand mais au Real Madrid. L'état de forme des troupes est aussi assez pitoyable: Netzer est arrivé blessé au camp d'entraînement de Malente; quant aux bavarois, ils sortent d'une saison éprouvante qui les a même vu disputer deux fois la finale de la Coupe d'Europe des Champions contre l'Atletico Madrid. Pour couronner le tout, la mise au vert dans le camp d'entraînement de Malente se révèle d'un ennui mortel. Si bien que d'après certaines rumeurs, certains joueurs iront régulièrement se divertir sur la Reeperbahn de Hambourg. Beckenbauer, lui, plus "sagement" commencera une liaison avec l'actrice Heidi Brühl. Paraît-il.

 

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Heidi Brühl: le Kaiser n'a pas dû s'embêter...

L'atmosphère est donc irrespirable et les choses s'empirent quand les joueurs allemands apprennent que leurs homologues italiens et hollandais toucheront de la part de leur fédération une prime équivalente à 100 000 DM en cas de victoire! Une somme à laquelle eux, n'ont pas droit. C'est le tollé et les joueurs outrés menacent de quitter la Coupe du Monde et même commencent une grève! Breitner, remonté contre la DFB, décide même de quitter le camp. Il faudra toute la persuasion de Beckenbauer et de Maier pour le convaincre de rester. Après une nuit de palabres quand même. Une nuit entière. C'est aussi ce qu'il faudra à Beckenbauer pour négocier de nouvelles primes avec la DFB. A 5 heures du matin, un compromis est trouvé pour 70 000 DM. Bien sûr, cela passe mal avec le public qui a eu vent de ces histoires. Beckenbauer déclarera cyniquement: "Quand j'entends ces conneries comme quoi nous jouons pour l'aigle sur notre poitrine, c'est une blague et personne n'y croit"

Ce n'est pas vraiment une équipe très sereine qui débute son premier match contre le Chili au Stade Olympique de Berlin Ouest. Et cela se voit, l'Allemagne remporte une victoire étriquée grâce à une mine énorme de Paul Breitner (1-0). L'événement, c'est presque le premier carton rouge de l'histoire de la Coupe du Monde, reçu par le Chilien Caszely. Les cartons avaient été mis en place lors de la Coupe du Monde 1970, pour éviter les incidents de 1966 où les joueurs ne comprenaient pas les décisions des arbitres.

 

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Overath contre le Chili pour une victoire étriquée (1-0)

 

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Allemagne - Australie (3-0) à l'époque, une affiche très exotique...

 

Le second match à Hambourg est presque exotique puisque l'Allemagne affronte l'Australie, pas vraiment une nation du football. La victoire 3-0 n'apporte pas vraiment de questions, ni de réponses tant l'adversité est faible. Le dernier match qui va décider de la première place de la poule est inédit et spécial parce que très inscrit dans l'actualité géopolitique de l'époque: l'Allemagne de l'Ouest affronte l'Allemagne de l'Est!

Dans ce match qui est scruté minutieusement de chaque part du "rideau de fer" (et notamment la Stasi!), l'Allemagne de l'Ouest est archi-favorite même si l'équipe est-allemande peut compter sur les joueurs du FC Magdebourg, tout frais vainqueurs de la Coupe des Coupes contre le Milan AC (2-0). Dans un match qui fut loin d'être exceptionnel, ce sont les petits partenaires de Beckenbauer qui se cassent les dents contre l'organisation exceptionnelle des Ossies. A la 77ème minute, Jürgen Sparwasser inscrit le seul but de la rencontre qui donne contre toute attente la victoire aux Allemands... de l'Est!

 

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Sparwasser inscrit le seul but de la victoire historique de la RDA sur la RFA!

Cette défaite inimaginable est une gifle pour la sélection nationale. Le bateau est en train de couler et il faut quelqu'un pour le reprendre en main. Et ce "quelqu'un", il y en a qu'un: c'est Beckenbauer! Après le match, une rébellion naît dans le camp de Malente: les joueurs veulent écarter Schön, un entraîneur qui a été bien trop timide sur la question des primes et qui n'aime pas les conflits, pour confier le pouvoir au capitaine de l'équipe bavaroise dont le charisme et la personnalité font l'unanimité. Après tout, c'est lui qui a réglé la question des primes. Schön évidemment restera en place mais c'est désormais le Kaiser qui sera en charge de la tactique et des choix des joueurs. C'est la "nuit de Malente".

On a souvent dit que la première décision de Beckenbauer, avait été d'écarter Günter Netzer parce qu'il ne l'appréciait pas. En vérité, même si les deux joueurs avaient peu d'affinités - à vrai dire, ils n'avaient vraiment rien en commun - la décision de Beckenbauer était avant tout sportive: Netzer était arrivé blessé à la Coupe du Monde et n'arrivait pas à retrouver la forme (il n'a d'ailleurs joué que 20 minutes en tout contre la RDA). De plus, Netzer était un joueur au style erratique, assez "électron libre", qui n'arrivait à exprimer son jeu qu'avec des coéquipiers dévoués (il ne l'a d'ailleurs jamais nié). Tout l'inverse de Wolfgang Overath, plus discipliné, plus rigoureux et moins enclin à se disperser que Beckenbauer conforte à son poste. Beckenbauer fait donc le ménage: Heynckes et Wimmer rejoignent le banc, Bonhof et Hölzenbein sont inclus dans le onze de départ. Paradoxalement, la défaite contre la RDA va rendre service à l'équipe. La Coupe du Monde se joue en deux phases de poules et en finissant second derrière les Ossies, les Allemands de l'Ouest évitent la poule la plus difficile dans laquelle se trouvent le Brésil, l'Argentine et surtout les Pays-Bas, le gros épouvantail de la compétition!

En comparaison, la Yougoslavie est plus abordable et l'Allemagne l'écarte sans trop suer, 2-0 avec des buts de Breitner et Müller. La Suède en revanche, donne un peu plus de fil à retordre. D'autant qu'une pluie torrentielle s'invite à la partie. Contre le cour du jeu, les Suédois ouvrent le score sur un but d'Edstroem consécutif à un mauvais renvoi de Schwarzenbeck (26'). En une minute (50' et 51'), les Allemands réussissent à égaliser et à prendre l'avantage grâce à Overath et Bonhof. La joie est de courte durée: à peine deux minutes plus tard, le Suédois de Kaiserslautern, Sandberg égalise. 2-2. C'est finalement Grabowski, le "meilleur remplaçant du monde" tout juste entré qui redonne l'avantage à l'Allemagne. Hoeneß alourdira le score sur pénalty en fin de match, pour une victoire 4-2.

 

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De la pluie, des buts et du suspense, le match contre la Suède a été éprouvant (4-2)

 

L'Allemagne s'apprête à jouer le dernier match de poule contre la Pologne, qui elle aussi a gagné ses deux matchs et qui a fait une très forte impression. C'est une vraie demi-finale puisque ce match déterminera le premier de la poule donc celui qui ira en finale. Mais le match qui se déroule à Francfort, tourne rapidement à la farce. Il a énormément plu ce jour-là et la pelouse gorgée d'eau, est quasiment impraticable. Mais parce qu'il est impossible de reporter les rencontres, on va décider qu'il le sera! Et pendant 90 minutes, le spectacle ressemble à tout sauf à du football. La Pologne de Grzegor Lato domine et peut croire en ses chances puisque comme un signe, Hoeneß a loupé un pénalty à la 53ème minute. Mais comme toujours dans ses situations-là, l'Allemagne peut compter sur Gerd Müller, qui marque le seul but du match: celui de la victoire. L'Allemagne peut le féliciter et remercier la pluie. La plupart des Allemands diront par la suite que la Pologne était bien meilleure et que dans des circonstances normales, elle aurait largement gagné...

 

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Uli Hoeneß manque un pénalty, la Pologne était peut-être meilleure mais à la fin, c'est l'Allemagne qui gagne!


L'Allemagne a réussi à se qualifier malgré tout et de manière presque inespérée,  pour la finale de sa Coupe du Monde au Stade Olympique de Munich. Pourtant, peu de gens la voit gagner. Le tournoi a carrément fait voler en éclat le statut de favori qu'elle avait avant le début de la compétition: à aucun moment, l'Allemagne n'a réussi à convaincre. Tout l'inverse des Pays-Bas, son adversaire en finale qui avec son football total a illuminé le tournoi et quasiment humilié des adversaires comme l'Argentine (4-0) et le Brésil (2-0). Tout le monde s'attend à une finale à sens unique. Les joueurs allemands aussi: en mars 1973, les joueurs du Bayern (qui composent une partie de l'Allemagne) s'étaient fait exploser 4-0 en Coupe d'Europe par les joueurs de l'Ajax Amsderdam (dont beaucoup sont dans l'équipe des Pays-Bas). Ce soir-là, les Hollandais avaient trouvé la clé en empêchant Beckenbauer de monter pour qu'il puisse dicter le jeu de son équipe. Les Allemands n'ont pas oublié et aussi, cette fois, la tactique sera simple: Beckenbauer ne devra pas monter. Berti Vogts, le tenace défenseur de Gladbach, devra lui marquer Johann Cruyff, le cerveau et le meilleur joueur de l'équipe batave, à la culotte.

 

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Vogts fait le match de sa vie en muselant le grand Johan Cruyff

Pourtant, dès les premières secondes, tout capote: Cruyff sur sa première touche de balle, depuis le milieu de terrain, accélère, se débarrasse de Vogts et fonce au but. Hoeneß est contraint de le stopper irrégulièrement dans la surface de réparation. Les Pays-Bas obtiennent un pénalty qui est transformé en force par Neeskens. Ça commence mal pour l'Allemagne. Mais paradoxalement, ce but obtenu très tôt dans le match plonge les néerlandais dans une sorte de torpeur. Au lieu de chercher à "tuer le match", ils semblent attentistes. En fait, d'après les déclarations post-matchs, ils sembleraient qu'au delà du fait de gagner, ils voulaient humilier les Allemands en raison d'une part, des rumeurs d'orgies dans lesquelles auraient participé les joueurs hollandais et plus particulièrement Cruyff dont la presse à scandale allemande avait fait l'écho et d'autre part, à cause des outrages subis par les Hollandais lors de la Seconde Guerre Mondiale (la famille de l'un des joueurs Wim Van Hanegem avait été tué par les Allemands lors de la guerre). Mais ces préoccupations leur font oublier l'essentiel: gagner! Et les Allemands ne perdent pas cette finalité de vue et se font de plus en plus pressants. A la 25ème minute, Jansen accroche Hölzenbein dans la surface. Le pénalty est cette fois pour l'Allemagne: Hoeneß qui en a raté un contre la Pologne avait prévenu par avance qu'il ne voulait plus en tirer: c'est donc Breitner qui s'y colle et par la même occasion, recolle au score.

 

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Breitner ne se pose pas de questions existentielles et marque le pénalty: 1-1

 

Quelques minutes avant la mi-temps, Rainer Bonhof mystifie Arie Haan sur le côté droit et centre en retrait pour Gerd Müller. Son contrôle est hasardeux, son tir en pivot peu élégant mais la balle finit au fond des filets. A la mi-temps, l'Allemagne mène 2-1 et Cruyff qui comprend que ça ne se passe pas comme prévu, s'énerve et récolte un carton jaune pour s'être trop plaint à l'arbitre. Les Pays-Bas sont en train de perdre le match. Et ils le perdront: Cruyff n'arrivera plus à se défaire du marquage de Vogts, les tirs de Neeskens finiront sur la barre ou dans les bras de Maier... pire, les Allemands qui pourtant ne feront que défendre leur avantage, auront même l'occasion de forcer l'addition. Lorsque l'arbitre siffle la fin du match, c'est bien l'Allemagne qui contre toutes les attentes remporte le tout nouveau trophée dessiné par l'italien Silvio Gazzaniga (puisque le trophée Jules Rimet appartient au Brésil depuis 1970).

 

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Gerd Müller, der Bomber marque le but de la victoire: les Pays-Bas ne reviendront jamais.

Vingt ans après son premier titre, l'Allemagne remporte donc sa seconde Coupe du Monde, encore une fois en battant un adversaire qu'elle n'aurait peut-être pas du gagner. Si la victoire ravie la nation, elle laissera un souvenir mitigé à ses acteurs. En fait, personne n'a oublié les conditions difficiles dans lesquelles ce titre a été obtenu (grèves des joueurs, problèmes des primes...). Beckenbauer avouera même par la suite que ce fut le "pire" tournoi qu'il ait disputé. Quant à Gerd Müller, excédé par l'attitude de la DFB (qui notamment ne voulait pas que les femmes des joueurs participent aux festivités!), il décide tout simplement de prendre à 29 ans seulement, sa retraite internationale, après avoir joué 62 matchs et marqué 68 buts (un record qui tiendra 40 ans!) .



#37
Roter Baron

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Merci Wunder'! Comme d'habitude passionnant! Que dire de plus?  :)

 

J'aime bien ces petites anecdotiques. Un foot qui semble plus "libre". Ojd ce genre de choses risquent de mal passer. Tout est scruté, analysé, et il est facile de passer pr un méchant et d'être mis au ban. 


"Heute ist ein guter Tag, um Geschichte zu schreiben!"


#38
asmadcityac

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On se rend compte aussi, qu'avec les années qui passent, on ne retient que la victoire et les vainqueurs. Et surtout on idéalise ce qui était avant. Quand je vois qu'aujourd'hui, on crie à la perte d'éthique et d'amour du maillot en club, en prétextant que les valeurs se perdent. Que dire de cette époque idéalisée, où les joueurs ne se cachaient même pas de jouer avant tout pour l'argent, même lorsque cela concerne l'équipe nationale.

Ginger, qu'en penses-tu? Toi qui critiques Lewa, que dis-tu de la sortie d'alors du joueur le plus emblématique de notre équipe favorite?



#39
Gingerbread

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On se rend compte aussi, qu'avec les années qui passent, on ne retient que la victoire et les vainqueurs. Et surtout on idéalise ce qui était avant. Quand je vois qu'aujourd'hui, on crie à la perte d'éthique et d'amour du maillot en club, en prétextant que les valeurs se perdent. Que dire de cette époque idéalisée, où les joueurs ne se cachaient même pas de jouer avant tout pour l'argent, même lorsque cela concerne l'équipe nationale.

Ginger, qu'en penses-tu? Toi qui critiques Lewa, que dis-tu de la sortie d'alors du joueur le plus emblématique de notre équipe favorite?

Ah mon ami As' cherche à me provoquer !! Bon alors, je botte en touche pour commencer : en 74 j'étais trop jeune, je n'ai pas vu les matches. Je me rappelle juste qu'on a acheté la télé chez moi, pour que mon père puisse justement les voir ces matches ! Mon épopée avec le foot n'a démarré que 2 ans plus tard avec la finale Bayern/ASSE !

Sinon pour être un peu plus précise dans ma réponse, je sais bien que des gars comme Breitner, le Kaiser, et tant d'autres ont eu des personnalités très controversées et que les raisons à cela étaient plus que réalistes. Je ne vais pas dire le contraire, on a beaucoup idéalisé, moi comme les autres.

Pour ce qui est du Kaiser, une fois revenu de ces délires (il ne fut pas le seul) outre Atlantique (au Cosmos, avec Pelé par exemple), il a su aider à la consolidation d'une équipe nationale qu'il a quand même mené (comme sélectionneur) au titre suprême en 90 ! Je lui suis très reconnaissante de cela.

Mais je sais que l'argent a énormément compté dans sa vie, comme pour beaucoup d'autres.

J'attends que Lewa ait le début d'un palmarès (ce qu'il n'atteindra évidemment pas) aussi étoffé que le Kaiser, pour lui laisser un peu d'indulgence. Il n'aura même pas un Ballon d'Or, et il aura 30 piges cette année.....



#40
asmadcityac

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Eh oui Ginger. Qui aime bien châtie bien.  :)

 

En tout cas félicitations tu as parfaitement botté en touche. Belle parade à mon attaque. :P .






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