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Histoire de l'équipe nationale allemande de football


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111 réponses à ce sujet

#101
Wunderbern

Wunderbern

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À part la frappe de Rensenbrink en 1978, j'vois pas à quoi tu fais référence.

On va dire que ça compense toutes les fois où ils auraient pu (du?) gagner et où ils se sont pris les pieds dans le tapis (1974, 1978, 1998, 2000, 2010)



#102
JB6

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On va dire que ça compense toutes les fois où ils auraient pu (du?) gagner et où ils se sont pris les pieds dans le tapis (1974, 1978, 1998, 2000, 2010)

Ouais, mais on peut aussi dire que :

- 1974, ils doivent jamais aller au Mondial sans une erreur d'arbitrage lors du dernier match vs Belgique

- 2000, ils doivent gagner 100 fois avec des penaltys et un expulsé italien

- 2010, ils ont des vraies occasions et se foirent

À part 1978 et surtout 1998 (où c'était la meilleure équipe pour moi), je trouve ça pas scandaleux.

Et puis bon, on retrouve ça chez pas mal de sélections (France 82-86, Espagne 94-2002, Italie 1990-94-02, Brésil 1982-86)


Neuer / Thuram - Franz - Kohler - Maldini / Redondo - Effenberg - Gerrard - Matthaüs / Baggio - Ronaldo

#103
Wunderbern

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Ouais, mais on peut aussi dire que :
- 1974, ils doivent jamais aller au Mondial sans une erreur d'arbitrage lors du dernier match vs Belgique
- 2000, ils doivent gagner 100 fois avec des penaltys et un expulsé italien
- 2010, ils ont des vraies occasions et se foirent
À part 1978 et surtout 1998 (où c'était la meilleure équipe pour moi), je trouve ça pas scandaleux.
Et puis bon, on retrouve ça chez pas mal de sélections (France 82-86, Espagne 94-2002, Italie 1990-94-02, Brésil 1982-86)

Rien de scandaleux en effet. Mais bon, disons qu'il y a des sélections qui ont eu beaucoup de réussite dans leur histoire (indépendamment de leur niveau) et d'autres non. Les Pays-Bas font quand même partie de la seconde catégorie.

#104
Wunderbern

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L'Allemagne au sommet (1990)

Le grand rendez-vous de la Coupe du Monde 1990 qui se joue en Italie approche et Franz Beckenbauer, le sélectionneur de l'Allemagne, peaufine son équipe pour la grand triomphe allemand. Pourtant, avant même le début du tournoi finale, l'Allemagne a déjà triomphé. Mais il n'est pas question de football. Le 9 novembre 1989, quelques jours avant un match de qualification contre le Pays de Galles à Cologne, un événement inattendu change le cours de l'histoire: le mur de Berlin tombe!

 

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Et le mur tomba...


Le "Mur de la Honte" avait été construit en 1961 et séparait de manière physique deux Allemagnes et deux mondes: la République Fédérale Allemande, état souverain et démocratique, personnifiant pour beaucoup le "monde libre" et la République Démocratique Allemande, état, en fait pas vraiment démocratique, sous la coupe de l'URSS, où la liberté n'est en fait qu'une chimère. Il suffira d'une petite phrase à la fin d'un discours de Günther Schabowski, secrétaire du Comité central chargé des médias, pour que le Mur tombe. Il n'avait sûrement pas vraiment mesuré la portée de son discours, qu'annoncer l'ouverture des points de passage entre l'Est et l'Ouest signifiait de facto, la fin de la séparation des deux Allemagnes et aussi, le début de la fin du communisme en Europe.

Le mur n'a plus raison d'être, il tombe et l'Allemagne se réunifie, même si il faudra attendre 3 octobre 1990 pour qu'elle le soit officiellement.

Ce n'est donc pas encore une Allemagne unifiée qui bat 6 jours après la chute du Mur, le Pays de Galles sur le score de 2-1. Mais c'est une Allemagne qui a remporté une victoire sur l'histoire.

Entre 1988 et 1990, Beckenbauer cherche à renforcer son équipe en vue du Mondial italien. Il commence par faire ce qu'il aurait voulu faire au dernier Euro: installer le jeune gardien de Cologne, Bodo Illgner à la place d'Einke Immel. Dès le premier match des qualifications, Beckenbauer offre sa chance à un petit milieu offensif aux dribbles fulgurants et à la technique impeccable, le berlinois Thomas "Icke" Häßler qui fait les beaux jours de Cologne. Le match suivant, c'est Andreas Möller, un milieu offensif hyper rapide, technique et excellent buteur qui étrenne sa première sélection. Ces deux joueurs, appelés à devenir deux des meilleurs joueurs allemands de la future décennie, permettent à Beckenbauer d'apporter une touche technique à son équipe et surtout, d'offrir des solutions de rechange. Stefan Reuter, le supersonique défenseur latéral droit qui vient de signer au Bayern Munich, lui en revanche, n'est pas une solution de rechange puisqu'il s'impose directement comme le pendant de Brehme à droite. Au poste de libéro, Herget étant rattrapé par l'âge et les blessures, Beckenbauer décide après quelques tâtonnements de rappeler en 1989, Klaus Augenthaler. Juste après son "but de l'année" inscrit en club... peut-être est-ce lié.

 

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Nouveau venu en sélection: Thomas Häßler, ici opposé à Eric Cantona, lors d'un match amical contre la France en février 1990, à Montpellier (2-1)

A la veille du tournoi final, l'Allemagne apparaît sur le papier, solidement armée. Son effectif est sûrement le plus complet qui puisse exister à l'époque et signe qui ne trompe pas, beaucoup de joueurs allemands jouent dans les clubs prestigieux de la Série A qui comptent parmi les meilleurs d'Europe. Ainsi, Matthäus, Brehme et Klinsman se retrouvent tous trois à l'Inter Milan. Si l'Allemagne n'a fini que deuxième de son groupe de qualifications, c'est uniquement en raison d'un match nul contre le Pays de Galles. Elle a fait jeu égal avec son bourreau de l'Euro 1988 qui était dans la même poule et qui termine premier: les Pays-Bas. La sélection allemande lors des qualifications et des matchs amicaux, n'a pas brillé de mille feux, a parfois du se contenter de victoires étriquées mais a surtout montré qu'elle était extrêmement solide. Une qualité qui s'avérera indispensable.

Car solide, il faudra l'être devant le nombre de prétendants pour cette Coupe du Monde 1990. Il y a bien sûr le tenant du titre, l'Argentine de Maradona mais une Italie qui progresse et qui joue à domicile, l'Angleterre de Lineker, les Pays-Bas du trio Van Basten-Gullit-Rijkaard qui sont Champions d'Europe en titre et un Brésil qui a décidé de se débarrasser de son Joga Bonito pour adopter un football plus réaliste. L'Allemagne commence son tournoi, contre un pays qui à cause de la chute du Mur de Berlin (et donc du bloc soviétique), vit sa dernière compétition internationale: la Yougoslavie (en 1992, l'ex-République socialiste va éclater et a près de multiples guerres qui vont durer jusqu'en 2001, se diviser en plusieurs nations: la Serbie, la Croatie, la Bosnie, le Monténégro, le Kosovo et la Macédoine).

Si la Coupe du Monde 1990 va apparaître rétrospectivement comme l'une des éditions les plus pauvres en but, l'Allemagne, elle, entre dans la compétition par un feu d'artifice de buts. La Yougoslavie, pourtant l'une des équipes les plus redoutées d'Europe grâce à ses joueurs techniques, est balayée 4-1 et Matthäus, le capitaine, intenable, signe un doublé en marquant hors de la surface et à chaque fois, avec un pied différent! Le match suivant est du même tonneau mais surtout en raison de la faiblesse de l'adversaire: les Emirats Arabes Unis qui se prennent une pelle 5-1.

 

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Matthäus, auteur d'un doublé, atomise la Yougoslavie (4-1)

 

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Völler marque et l'Allemagne survole les EAU (5-1)

 

Avec ces deux victoires, l'Allemagne est quasiment qualifiée mais doit quand même jouer un match peu évident contre la Colombie, une équipe qui impressionne par son jeu fait de passes courtes. Il faudra attendre la fin du match pour voir des buts: jusque là, les occasions peu nombreuses ont été gâchées par la maladresse des attaquants. Servi par Völler, Littbarski envoie une mine qui se loge dans la lucarne. C'est la 89ème minute mais l'affaire n'est pourtant pas pliée: suite à des combinaisons de passes au milieu, Carlos Valderrama sert d'une passe lumineuse, Freddy Rincon qui est parti dans le dos de la défense et qui arrache l'égalité (1-1) dans la dernière minute du temps réglementaire. Ce n'est pas grave: l'Allemagne est qualifiée en tête du groupe.

 

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Matthäus et Valderrama, les deux capitaines, les deux numéros 10, se partagent les points

Pour son huitième de finale, la sélection allemande retrouve un rival bien connu et l'un des prétendants désignés au titre suprême: les Pays-Bas! Pourtant, la sélection batave n'a jusque-là pas du tout impressionné: elle n'a pas réussi à gagner un seul match (même contre la très modeste Egypte!) et n'est sortie de son groupe qu'en qualité de meilleur troisième derrière l'Angleterre et l'Irlande! Mais dans un match à élimination directe, tout peut se passer...

Beckenbauer met au placard les Bein, Häßler et autres Möller, qu'il avait sporadiquement appelé contre les précédents adversaires et aligne une équipe composée principalement de joueurs expérimentés: il n'a pas oublié les provocations et les échauffourées de la demi-finale de l'Euro. La rivalité entre les deux équipes est à son pic à l'époque et beaucoup d'Allemands se souviennent du geste de Ronald Koeman s'essuyant les fesses avec un maillot allemand. Et comme pour rajouter de l'huile sur le feu, le match se déroule à San Siro, le stade du Milan AC où évoluent les hollandais Rijkaard, Gullit et Van Basten... mais c'est aussi le stade de l'Inter Milan, le club rival où jouent Matthäus, Brehme et Klinsmann. Tout est donc en place pour un match disputé.

Et disputé, le match va l'être! Le premier incident du match est commis par Rijkaard qui écope d'un carton jaune à la 20ème minute pour avoir découpé Rudi Völler. Alors que le hollandais se replace, il crache sur les cheveux de Völler. Celui-ci va se plaindre à l'arbitre. Mais ce dernier qui ne veut rien savoir lui donne aussi un carton jaune. Le contentieux empire sur l'action suivante: Völler se jette pour récupérer un ballon sur lequel Van Breukelen, le gardien, est le premier. Les deux joueurs s'évitent de justesse mais Völler, au sol, est pris à partie par Rijkaard qui lui tord l'oreille, puis par Van Breukelen. Le ton monte, Klinsmann intervient pour calmer son coéquipier mais trop tard, l'arbitre ne prend pas la peine de chercher qui a commencé et expulse Rijkaard et Völler à la 22ème minute! Alors que les deux joueurs regagnent prématurément les vestiaires, Rijkaard crache une nouvelle fois sur Völler. L'ambiance est électrique.

 

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Rijkaard crache sur Völler

Mais le grand perdant de cet incident est surtout la Hollande. Car si l'Allemagne peut se passer de Völler (Klinsmann étant capable à lui seul d'occuper tout le front de l'attaque et faire peser le danger), la Hollande, elle, ne peut pas vraiment se passer de Rijkaard, un élément essentiel dans l'organisation du jeu et la récupération. L'Allemagne prend ses aises: Buchwald après quelques passements de jambes (qui lui vaudront le surnom de "Diego"... comme Maradona quoi!), déborde et centre pour Klinsmann qui devance Van Aerle et ouvre le score (51'). Wouters a une grosse occasion de recoller au score mais sa frappe est trop croisée. Cependant, c'est l'Allemagne qui domine les débats: Klinsmann et Littbarski sont proches d'alourdir le score. A la 84ème minute, Buchwald sur un corner, s'exile sur le côté gauche et passe en retrait pour Brehme qui décoche un tir de l'angle gauche de la surface de récupération. Le tir est puissant, enroulé et magnifique: le ballon finit au fond des filets. Le pénalty généreusement offert par l'arbitre argentin Lousteau pour une faute peu évidente de Kohler sur Van Basten à la 89ème minute, ne changera plus rien: l'Allemagne se qualifie et les Pays-bas passent à la trappe.

Les retrouvailles en quarts de finale entre l'Allemagne et la Tchécoslovaquie, qui s'étaient affrontées en finale de l'Euro 1976, accouchent d'un spectacle sans saveur où les mauvais gestes tchèques pleuvent (le milieu Moravcik finira même par se faire expulser à la 70ème minute). C'est sur l'un d'eux que se décide la victoire: l'Allemagne bénéficie d'un pénalty que transforme Matthäus (24').

La demi-finale oppose l'Allemagne à un rival qu'elle connaît que trop bien et contre qui, elle a perdu une Coupe du Monde dans des conditions particulières: l'Angleterre! Peu convaincants voire parfois absents de tournois finaux des compétitions internationales depuis 1966, les Anglais, cornaqués par Bobby Robson, font malgré des résultats en dents-de-scie, partie des favoris pour cette édition 1990. C'est une équipe expérimentée avec des joueurs fantasques et techniques comme Paul Gascoigne, Chris Waddle et David Platt, et une star au comportement irréprochable dans la vie et sur le terrain: Gary Lineker. Et ils ont sorti un match d'anthologie au tour précédent contre le surprenant Cameroun.

L'adversaire est dangereux. Cela se voit dès les dernières premières du match où les Anglais sautent à la gorge des Allemands: Chris Waddle touche même le poteau à la 34ème minute. A la mi-temps, l'Allemagne n'est pas au mieux: si le score est toujours à 0-0, elle a été dominée et a même été forcée de remplacer Völler, blessé, par Riedle. La seconde mi-temps reprend avec un certain mieux pour les Allemands mais les Anglais dominent. C'est donc contre le cours du jeu (et avec beaucoup de chance) que la Deutsche Nationalmannschaft ouvre le score à l'heure de jeu. Suite à une faute de Pearce sur Häßler, Brehme tire un coup franc: le ballon heurte Paul Walker et avec une trajectoire incroyable, lobe Peter Shilton, le vieux gardien anglais! Mais même menée 1-0, l'Angleterre n'abdique pas et se rue à l'assaut des cages d'Illgner. Ce n'est qu'à 10 minutes de la fin que Lineker recolle au score de manière méritée. 1-1. Il faut jouer les prolongations... comme en 1966.

L'Allemagne reprend du poil de la bête et Klinsmann manque à deux reprises de battre Shilton. Mais l'Angleterre n'est pas en reste et Waddle une nouvelle fois, touche le poteau. L'événement des premières quinze minutes des prolongations est le carton jaune de Gascoigne après une faute de Berthold, qui le privera de finale si son équipe gagne. Celui que l'on surnomme "Gazza" accuse le coup et verse même une larme. Après de nouveau 15 minutes de prolongations où Shilton a de nouveau sauvé les siens et Buchwald de nouveau, touché le poteau, ce sont les tirs aux buts. Quand se présente Stuart Pearce, le défenseur de Nottingham Forrest et quatrième tireur de la sélection anglaise, tous les joueurs ont jusque-là réussi leur tir au but. Pearce tire au centre, Illgner plonge à droite mais son pied arrête le ballon. Derrière, Olaf Thon, le quatrième tireur allemand marque son tir au but et pousse le cinquième tireur anglais à marquer pour que son équipe reste en course. Ce cinquième tireur n'est autre que Waddle. Le joueur de l'OM envoie une mine surpuissante qui passe au-dessus des cages. L'Angleterre est éliminée. C'est la troisième fois d'affilée après la Coupe du Monde 1966 que l'Allemagne sort l'Angleterre d'une compétition après la Coupe du Monde 1970 et l'Euro 1972. Parce que les Allemands vont disputer leur troisième finale de Coupe du Monde d'affilée, parce que les Allemands ont encore une fois douché les espoirs anglais, parce que les Allemands gagnent même en étant dominés, Gary Lineker prononcera après le match, cette phrase restée dans l'histoire: "Le football est un jeu simple. 22 joueurs courent après un ballon et à la fin, c'est l'Allemagne qui gagne".

 

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Matthäus part consoler Waddle qui a échoué dans son tir au but...

Pour la troisième fois d'affilée donc, les Allemands disputent la finale de la Coupe du Monde mais cette fois, c'est certain, ils vont la gagner. Bien sûr en face, c'est l'Argentine du génial Maradona qui se présente pour un remake de la finale de 1986. Mais il faut avouer que ce n'est plus la même équipe qui a battu l'Allemagne quatre ans auparavant. L'Albiceleste a été plus que moyenne pendant toute la compétition: non seulement, elle a fini troisième de leur poule et a été qualifiée de justesse, mais elle ne s'est faufilée en finale que par des matchs peu convaincants bien souvent remportés aux tirs au but. En fait, l'Argentine n'a remporté que 2 victoires sur les 6 matchs qu'elle a disputé. Même Maradona est loin de son niveau de 1986. La victoire est dans la poche pour les Allemands. Pourtant, ils se méfient. Quelle tactique adopter pour gagner le match sans se mettre en danger face à un Maradona capable de changer le cours d'un match? C'est simple: éviter de prendre des initiatives et attendre les erreurs des Argentins. Le problème, c'est que les Argentins, privés de quatre de leurs titulaires habituels et conscients d'être moins solides, n'ont pas mieux à proposer! Voilà comment une affiche alléchante se termine au final en l'une des finales les plus ennuyantes de l'histoire de la Coupe du Monde.

Les Allemands ne prennent pas de risques; les Argentins non plus, mais filent des coups et Maradona n'arrive pas à se dépêtrer du marquage de Buchwald.

 

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Maradona empêtré entre Buchwald et Matthäus, n'arrivera pas à influer sur le jeu d'une Argentine sans inspiration

 

Bref, on s'ennuie ferme. Peu après l'heure de jeu, Pedro Monzon fait un tacle bien haut sur un Klinsmann qui en rajoute des tonnes. Malgré le cinéma de l'Allemand, le carton rouge est mérité et l'Argentine, déjà pas très vaillante, doit jouer à 10. C'est la première expulsion de l'histoire en finale de Coupe du Monde. A 9 minutes de la fin, la plupart des spectateurs redoutent que cette purge ne se prolonge encore après le temps réglementaire. Aussi, tout le monde est presque content de voir l'arbitre, M. Codesal Mendez siffler un pénalty pour les Allemands, sur une faute peu évidente (et même imaginaire, Völler déclarera plus tard qu'il n'y avait rien) de Sensini sur Völler. Matthäus n'étant pas à l'aise dans ses crampons, c'est Brehme, le gaucher qui s'y colle en tirant... du pied droit! Les Argentins sont fous de rage, crient à l'injustice, se vengent salement sur leurs adversaires (un deuxième joueur argentin, Dezotti est expulsé juste avant la fin du match) mais c'est fini: l'Allemagne remporte sa troisième Coupe du Monde! Maradona est en larmes et Beckenbauer devient la première personne à avoir été sacré Champion du monde en tant que joueur et sélectionneur.

 

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Brehme s'apprête à fusiller Goycochea

Même si la finale a été laborieuse, difficile de contester la victoire finale des Allemands ultra-solides qui à aucun moment, n'ont fait preuve de faiblesses: ils ont été les meilleurs et ce titre consacre une régularité au plus niveau. Les seuls qui contesteront ce titre, ce seront les Argentins. Ils estimeront avec l'expulsion de Monzon et ce pénalty inexistant, avoir été volés par l'arbitre. On peut seulement se demander de quoi ils ont été volés? Impuissants et inoffensifs pendant tout le match, les Argentins n'auront tiré qu'en tout et pour tout qu'une seule fois au but. Quant au pénalty litigieux, on peut aussi estimer qu'il compense un pénalty non-sifflé pour une faute du gardien Goycochea sur Augenthaler plus tôt dans le match...

L'Allemagne est pour la troisième fois championne du monde.

 

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#105
Wunderbern

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La surprise danoise (Euro 1992)

"L'Allemagne sera invincible pendant des années!"

 

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Beckenbauer et Vogts (ici en 1988)

Voilà ce que pense Franz Beckenbauer de l'unification allemande en football en 1990. Arrogance démesurée, prédiction lucide ou juste une petite phrase pour mettre la pression sur Berti Vogts qui prend la relève de ce même Beckenbauer au poste de sélectionneur en 1990? Vogts et Beckenbauer ne se sont jamais vraiment appréciés.

Vu de loin, Beckenbauer n'a pas tort: l'ex-joueur de Mönchengladbach, qui prend ses fonctions en 1990, hérite d'un véritable cadeau. Non seulement l'équipe d'Allemagne est Championne du Monde en titre mais en plus, il peut désormais appeler les anciens joueurs d'Allemagne de l'Est dont certains comme Matthias Sammer, Andreas Thom et Ulf Kirsten sont très doués. Dès le premier match en temps qu'équipe d'Allemagne "unifiée" (soit le premier depuis 1942!) contre la Suisse (l'équipe des grandes premières allemandes... coaché par l'ex-international allemand, Uli Stielike) le 19 décembre 1990, Vogts sélectionne deux Ossies: Sammer et Thom. Ce dernier marquera l'un des quatre buts de la victoire allemande.

 

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Il ne faudra qu'une minute, pour qu'Andreas Thom marque son premier but international

Mais vu de près, le cadeau est empoisonné. Si la qualité des joueurs allemands n'est pas à remettre en cause, c'est surtout au niveau des égos qu'il y a un problème. L'équipe d'Allemagne est à l'époque, une meute de mâles alpha, arrogants, égocentriques et dont chacun est persuadé d'être meilleur que son coéquipier. Si Beckenbauer a réussi à fédérer tous ces caractères difficiles - en nommant sûrement l'un des pires d'entre eux, Matthäus comme "chef de meute" - Berti Vogts va avoir pendant tout son mandat à son poste, des difficultés à gérer ses joueurs.

La première fêlure dans la gestion de Vogts apparaît moins d'un an après sa prise de fonction: le 5 juin 1991, l'Allemagne perd un match de qualification pour l'Euro 1992 contre le Pays de Galles à Cardiff (1-0). Ce match dans lequel Stefan Effenberg, grand espoir du football allemand, tout nouvellement arrivé au FC Bayern, connaît sa première sélection est la première défaite depuis le titre de 1990. Thomas Berthold qui a écopé d'un carton rouge pendant le match, déclare étrangement: "et maintenant on prend des vacances et on se téléphone après". Il ne sera plus rappelé pendant trois ans... En interne, la méthode Vogts passe très mal auprès des joueurs. Il veut des joueurs responsables, qui se doivent d'être exemplaires et respectueux. Evidemment, au milieu d'une bande de loups individualistes, cela a du mal à passer.

La contre-performance de Cardiff permet néanmoins, de remettre le train sur les rails, l'Allemagne se venge de son bourreau 4-1 à Nuremberg et atomise le Luxembourg, 4-0 lors du dernier match de qualification. L'Allemagne termine premier de son groupe, largement en tête devant la Belgique. Tout baigne pour elle et elle apparaît comme le favori du prochain Euro qui se déroule en Suède. Mais, c'est là que la tuile tombe: Matthäus, qui joue à l'Inter Milan, se rompt les ligaments croisés en avril 1992, lors d'un match du Championnat italien contre Parme AC. Le capitaine et Ballon d'Or 1990 est forfait pour le tournoi.

Mais est-ce vraiment un coup dur? La sélection allemande paraît tellement forte qu'on peut l'imaginer se passer de son meilleur. Berti Vogts s'appuie sur les tauliers du titre de 1990. Des cadres de cette équipe, seuls manquent Augenthaler, et Littbarski qui ont pris leur retraite, Berthold, qui est indésirable pour son sélectionneur et Thon très souvent blessé et qui ne compte pas vraiment pour Vogts. Ce dernier a intégré des joueurs de l'ex-RDA comme Sammer, Doll et Thom, ainsi que des joueurs qui s'affirment comme Effenberg et Thomas Helmer, le libéro du Bayern Munich qui reprend la succession d'Augenthaler. La petite surprise de la sélection de joueurs retenu pour l'Euro 1992 est le jeune Christian Wörns (20 ans), l'un des meilleurs défenseurs allemands de la décennie à venir et qui s'illustrera par... son incroyable malchance en sélection!

Matthäus étant forfait, Vogts confie le brassard à Rudi Völler pour le premier match de l'Euro 1992, contre la CEI (l'une des moutures de l'URSS qui a éclaté peu après la Chute du Mur). Manfred Binz (plus expérimenté que Thomas Helmer) remplace Berthold aux côtés de Kohler et Buchwald dans la défense à trois "classique" des Allemands, Reuter et Brehme comme en 1990 s'occupent des côtés droits et gauches; le milieu est formé par Effenberg, Doll et Häßler tandis que devant Vogts a associé Völler et Riedle. Et pas Klinsmann, le "Surfweltmeister" - comme l'a surnommé Vogts après qu'il ait annoncé prendre sa retraite après l'Euro à 28 ans - paye sa médiocre saison à l'Inter Milan. Particularité de cet Euro: c'est la première fois qu'est mise en place la règle de l'interdiction pour le gardien de récupérer avec les mains une passe du pied 'un défenseur.

La CEI, qui étrangement évolue sans attaquant en pointe, surprend l'Allemagne en marquant à la 64ème minute sur pénalty, suite à une faute de Reuter dans la surface. L'Allemagne boit la tasse mais l'Allemagne étant l'Allemagne, elle réussit à se sauver en inscrivant un but à la dernière minute. Le lutin Häßler marque sur l'un de ses exercices préférés, le coup franc à la 90ème minute, et les deux équipes se quittent à 1-1. Mais le match a fait de la casse: Völler, lors d'un choc contre Kuznetzov, s'est fracturé le bras. Ce forfait permet à Klinsmann de faire son retour dans le 11 titulaire.

 

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L'Allemagne dans son exercice préféré: revenir au score à la dernière minute (coup franc de Häßler contre la CEI)

Il n'est pas le seul d'ailleurs. Vogts peu convaincu par les performances de Reuter et Doll, décide de titulariser pour le prochain match contre l'Ecosse, Andreas Möller et Matthias Sammer. Les Ecossais, battus 1-0 lors du premier match contre les Pays-Bas attaquent d'entrée et trouvent des solutions dans le dos de la défense allemande. Illgner est obligé d'intervenir à plusieurs reprises pour empêcher l'ouverture du score. Mais il en faut plus pour ébranler des Allemands qui reprennent rapidement le contrôle des opérations et après une combinaison entre Sammer et Klinsmann, Riedle ouvre le score à la 29ème minute. Peu après la seconde mi-temps, Effenberg qui a hérité du ballon dans sa moitié de terrain, remonte le terrain sans être attaqué, les Ecossais préférant le laisser venir pour se replier et blinder la défense. Effenberg qui a du champ sur l'aile, accélère et centre. Mais le ballon a été heurté par Maurice Malpas et sa trajectoire lobe le gardien Andy Goram pour un improbable but! A 2-0, la messe est dite. L'Ecosse est éliminée et l'Allemagne est quasiment qualifiée. Il reste juste à faire un bon score contre le dernier adversaire du groupe. Et celui-ci n'est pas n'importe lequel: il s'agit des Pays-Bas!

 

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Effenberg marque contre l'Ecosse (2-0)

Les retrouvailles entre les deux grands rivaux s'annoncent houleuses mais ce qui pose problème pour Vogts, ce sont surtout les blessures: Reuters et Buchwald sont forfaits et doivent être remplacés. Brehme nommé capitaine depuis la blessure de Völler, est aligné sur la franc droit pour faire de la place à Frontzcek sur le côté gauche et Helmer reprend la place de Buchwald. Les Pays-Bas alignent de nouvelles têtes sur le terrain: le défenseur Frank de Boer mais surtout un jeune attaquant élégant et très créatif, Dennis Bergkamp. Mais ce sont deux vieux routiers de la sélection qui offrent le premier but aux néerlandais. A la 4ème minute, sur un coup franc lointain, Ronald Koeman envoie un ballon sur la tête de Frank Rijkaard qui lobe - de loin - Bodo Illgner. 1-0. Les coups francs sont la spécialité de Ronald Koeman, pourtant à la 15ème minute, il condescend à en laisser un à Rob Witschge, frère du plus connu Richard Witschge. Celui-ci envoie une mine du gauche à ras du sol au poteau droit d'Illgner. Celui-ci plonge mais ne peut rien faire. En un quart d'heure, l'Allemagne est menée 2-0. A la mi-temps, Vogts décide d'agir: il renvoie Binz sur le banc (le pauvre ne jouera plus jamais en sélection) et fait entrer Matthias Sammer. En seconde mi-temps, l'Allemagne réduit le score grâce une tête de Klinsmann sur un corner tiré par Häßler. Rinus Michels, le sélectionneur se méfie d'un retour des Allemands et replace Rijkaard en défense. Mais les Allemands ne reviendront pas: à la 72ème minute, Aron Winter s'échappe sur le côté droit, adresse un centre précis pour la tête de Bergkamp qui trompe une nouvelle fois Illgner. L'Allemagne est terrassée 3-1. Mais ce n'est que partie remise, les deux adversaires, qualifiées pour la suite du Tournoi, savent que si tout se passe bien, ils se retrouveront en finale. Pour la belle. Et le titre!

 

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Thomas Helmer aura du mal à tenir le futur grand espoir néerlandais, Dennis Bergkamp

Car pour tous les suiveurs du football, la finale Pays-Bas - Allemagne est presque programmée. Tout le monde prévoyait que les deux mastodontes allaient se qualifier face à deux équipes plus que largement à leur portée, comme la CEI et l'Ecosse. Tout comme tout le monde prévoit que la France (le favori après son parcours sans faute aux qualifications) et l'Angleterre vont sortir premiers de leur poule face aux modestes équipes que sont la Suède et le Danemark. Dans ce scénario, l'Angleterre et la France rencontrent les Pays-Bas et l'Allemagne en demi-finale. Et qu'importe qui rencontre qui, la France et l'Angleterre étant habituées à perdre dans les matchs décisifs, l'Allemagne et les Pays-Bas devraient logiquement se retrouver en finale. Sauf que tout ne s'est pas passé comme prévu...

 

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Möller, Sammer et Effenberg, les nouvelles stars de la sélection ont bu la tasse contre les Pays-Bas (3-1)

Dans l'autre poule, à la surprise général, ce sont la Suède (première) et le Danemark (second) qui se qualifient! L'Allemagne est donc opposée à la Suède en demi-finale. Cela semble encore mieux puisque l'adversaire n'est quand même pas du même calibre que la France et l'Angleterre. Même si, il est vrai, elle joue à domicile.

Cette fois, Vogts a récupéré ses blessés Buchwald et Reuter, a titularisé Helmer à la place de Binz et a aligné d'entrée de jeu, Matthias Sammer, bien plus convaincant que Doll et Möller, pour un milieu Effenberg-Sammer-Häßler sensé casser la baraque. Et ce milieu va faire mal. Dans le Rasundastadion de Solna, c'est Häßler qui ouvre le score à la 11ème minute grâce à un coup franc magnifique.

 

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Häßler est un sorcier du coup franc

 

A l'heure de jeu, Häßler trouve Sammer lancé dans la surface, qui passe à Riedle au centre, qui trompe Ravelli. L'Allemagne mène 2-0. Cinq minutes plus tard, Helmer fait faute sur Klas Ingesson dans la surface. Jonas Brolin convertit le pénalty et la Suède pense revenir au score. Mais les espoirs sont douchés quand à la 88ème minute, Helmer, comme pour se faire pardonner du pénalty qu'il a concédé, envoie une passe lumineuse en profondeur pour Riedle qui marque son deuxième but du match. Mais ce n'est pas fini: Klas Ingesson envoie une longue passe en hauteur vers l'avant et c'est le grand Kenneth Andersson qui saute plus haut que Bodo Illgner pour marquer un but qui ne changera plus le cours du match. 3 - 2. L'Allemagne pourra donc rencontrer en finale, les Pays-Bas. Sauf que non. Là encore, la surprise est de taille puisque contrairement à tous les pronostics, le Danemark a éliminé les Pays-Bas dans l'autre demi-finale, aux tirs aux buts. L'Allemagne jouera donc le Danemark en finale. Autant dire que pour beaucoup, l'Allemagne va pouvoir sans trop de problèmes, soulever son troisième trophée dans cette compétition.

Car le Danemark revient de loin: non-qualifié pour le tournoi final de l'Euro, il n'a été repêché que parce que la Yougoslavie qui est en pleine guerre, a été retirée du Tournoi! Mais si le Danemark a eu de la chance contre le Pays-Bas, personne n'imagine qu'ils vont refaire la même contre l'Allemagne.

Vogts aligne la même équipe qu'en demi et les Allemands peut-être pour éviter les mauvaises surprises, attaquent pied au plancher. Buchwald est le premier à allumer un tir. Les Allemands dominent et semblent avoir le match en main. Suite à un duel remporté sur l'aile contre Vilfort, Kohler relance vers Brehme qui est taclé par Flemming Povlsen. Ce dernier est en position de débordement mais au lieu de centrer, passe en retrait à John Jensen qui envoie une mine, qui surprend toute la défense allemande et surtout Bodo Illgner.

 

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But... danois!

 

Les Danois ouvrent donc le score à la 18ème minute, contre le cours du jeu. L'Allemagne presse mais les Danois sont vaillants et surtout, leur gardien, Peter Schmeichel qui a été héroïque contre les Pays-Bas en arrêtant le tir au bat de Van Basten, ne reste lien passer.

 

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Peter Schmeichel, le gardien danois est une muraille!

 

Klinsmann et Sammer butent sur lui à deux reprises. Les Allemands n'arrivent pas à revenir et comme pour confirmer leur impuissance, ils encaissent un but de Kim Vilfort à la 78ème minute. Récupérant un ballon remis de la tête, l'attaquant fonce vers la surface, bien aidé par une défense surprise et donc mal placée. D'un dribble à l'entrée de la surface de réparation, il prend Helmer à contrepied et à l'entré e de la surface de réparation, envoie un tir à ras du sol, qui rebondit sur le poteau avant de finir dans les filets. Les Danois, contre toute attente mènent 2-0! Ce but de Vilfort sera le dernier du match. S'il est précieux pour l'équipe qui remporte l'Euro, il est aussi chargé d'émotion pour Kim Vilfort, un joueur dont la fille a la leucémie (elle mourra hélas quelques temps après la finale) et qui a du quitter le groupe à deux reprises pour être à son chevet.

Le monde du football saluera bien plus l'incroyable victoire des Danois au Championnat d'Europe que la défaite des Allemands. Mais cette défaite contredira la déclaration du Kaiser: non, l'Allemagne ne sera pas invincible pendant des années... et la prochaine échéance viendra confirmer cela.

 

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Retour sur terre...



#106
JB6

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Hassler avait été très lourd dans cet Euro 1992.

En finale, les deux buts danois sont invalides normalement (faute sur le premier, contrôle de la main sur le deuxième) : tu ramènes ça à ajourd'hui, ça fait polémique pendant des semaines. À l'époque, c'était passé crème avec notamment ce bon vieux Guy Roux qui se réjouissait de la défaite des Allemands


Neuer / Thuram - Franz - Kohler - Maldini / Redondo - Effenberg - Gerrard - Matthaüs / Baggio - Ronaldo

#107
chamblon

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Votre avis sur les 3 plus beaux buts de la NM depuis 2010 ?

 

https://youtu.be/gdyEE5yh0Vs

 

Moi meme si c'est pas en match officiel, je vais y aller avec le but de Podolski lors de son jubilee contre l'Angleterre :

 

https://youtu.be/2bGeAJO_2cU


The game is hard, but so are we

For us, (being) number one is success,

FC Bayern forever number one !


#108
Wunderbern

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Le rêve américain se transforme en cauchemar (Coupe du Monde 1994)

 

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Il était une fois en Amérique...

Dix ans auparavant, il aurait été improbable d'imaginer une Coupe du monde de football aux Etats-Unis. Le football (appelé outre-atlantique "soccer") était si peu implanté dans la culture de ce pays du Nouveau Monde, que l'intérêt d'organiser une telle compétition ne se posait même pas. Mais les temps ont changé et le football générant une forte économie, les Etats-Unis ont du penser qu'il était temps de prendre le train en marche. C'est d'ailleurs à partir de cette Coupe du Monde, que Nike s'est réellement investi dans le football. Pour le succès que l'on sait...

L'Allemagne étant qualifiée d'office en tant que tenant du titre, Berti Vogts n'a pas la pression des éliminatoires et peut donc sans risque tester les joueurs qu'il veut lors de matchs amicaux. C'est l'occasion de revoir notamment Olaf Thon en sélection mais aussi de tester le jeune latéral prometteur du Bayern Munich, Christian Ziege. Mais dénués de tout enjeu, ces matchs sont de mauvais révélateurs du niveau de l'Allemagne et l'équipe joue sans vraiment convaincre. Seul le petit tournoi "de préparation" qui a lieu aux Etats-Unis en 1993 est pris au sérieux. Les Allemands assurent des résultats solides contre le Brésil (3-3), les Etats-Unis (4-3) et l'Angleterre (2-1) et s'adjugent même le trophée de ce tournoi. Cela a de quoi rassurer l'équipe sur sa capacité à être présent lors des grandes échéances.

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Une certaine vision du rêve américain...

Pour cette Coupe du monde américaine, Vogts mise sur l'expérience et la solidité du groupe qui a remporté le titre en 1990. De ce fait, il a reconduit la plupart des anciens champions du monde: Illgner, Buchwald, Kohler, Brehme, Möller, Häßler, Matthäus, Klinsmann, Völler et même Berthold (c'est véritablement la seule surprise de l'effectif vu qu'il était indésirable pendant deux ans) et sélectionné ceux s'étaient imposés à l'Euro 1992: Helmer, Effenberg et Sammer. Des tauliers habituels, seul manque Reuter, blessé. Parmi les nouvelles têtes, on trouve Thomas Strunz, Ulf Kirsten, Mario Basler et un gardien blond au tempérament de feu: Oliver Kahn. Mais pour l'instant, ces joueurs ne servent que d'appoint pour un sélectionneur qui mise principalement sur les cadres de 1990. Le problème est que ceux-ci commencent à être âgés: Völler a 34 ans, Matthäus, Buchwald et Brehme, 33 ans... L'équipe est peut-être expérimentée mais plutôt vieillissante. La question est de savoir si cela va être un handicap ou un avantage...

Pour le premier match de compétition depuis deux ans, devant Oprah Winfrey et Diane Ross, à Chicago, l'Allemagne est opposée à la Bolivie, un adversaire faible qu'elle rencontre pour la première fois de son histoire et qui sur le papier, constitue une bonne entrée en matière. L'équipe alignée par Vogts est classique: Illgner est dans les cages, Matthäus, le capitaine, évolue désormais au poste de libéro, devant Berthold et Kohler, Häßler et Brehme s'occupent des ailes, au milieu sont alignés Effenberg, Sammer et Möller tandis que devant, on retrouve Klinsmann et Riedle. Sous un ciel sans nuage et une chaleur accablante, les Allemands dominent mais peinent à marquer. Il faudra attendre la 61ème minute pour voir le seul but du match: d'une passe longue, Matthäus surprend toute la défense bolivienne et sert Häßler parti au duel face au gardien. D'une déviation, le lutin de la Nationalmannschaft sert Klinsmann qui marque. Le match se termine avec l'expulsion de la star bolivienne Etcheverry pour un coup de coude sur Matthäus. Petit score mais l'Allemagne a l'habitude de démarrer doucement.

 

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Klinsi marque le seul but du match contre la Bolivie...

 

Le premier écueil est évité, reste à aborder le second: l'Espagne. Peu impressionnante dans les années qui ont suivi sa finale de l'Euro 1984, la Roja a progressé depuis que Javier Clemente a repris l'équipe en main en 1992. Les Espagnols peuvent compter sur une génération qui a remporté les Jeux Olympiques de 1992 comme Luis Enrique, Guardiola, Ferrer ou Abelardo, et les joueurs qui forment l'ossature du FC Barcelone, champion d'Europe en 1992. C'est donc un adversaire assez difficile et le principal concurrent des Allemands dans cette poule. Et c'est d'ailleurs lui qui plante la première banderille à la 14ème minute: sur une attaque, Goikoetxea centre et le ballon... lobe Illgner pour rentrer dans les filets! Un but très chanceux puisqu'il est plus que probable que l'Espagnol ait raté son centre. Toujours est-il que cela fait 1-0 pour les Ibères. Cependant, l'Allemagne réussit à revenir dans le match grâce à une tête piquée de Klinsmann sur corner. 1-1. Ce résultat permet à la sélection allemande qui est la seule équipe à avoir gagné un match, d'être en tête de sa poule. La qualification est quasiment dans la poche mais il faut d'abord faire un résultat contre une Corée du Sud qui a surpris son monde en tenant tête à l'Espagne et à la Bolivie.

 

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Effenberg essaye de prolonger le ballon dans les filets. Inutile: la tête de Klinsmann est déjà rentré

Pour ce match, Vogts fait rentrer Buchwald dans le 11 titulaire à la place de Helmer. L'Allemagne commence fort à la 12ème minute, grâce à un magnifique but de Klinsmann qui reprend une passe de Häßler. L'attaquant allemand fait un geste technique du pied gauche pour pouvoir tirer du pied droit dans un quasi-retourné! Huit minutes plus tard, Klinsmann joue une touche pour Buchwald qui, chassé par un défenseur sud-coréen, tire en déséquilibre à l'entrée de la surface de réparation. Le ballon trompe Choi In-Young, le gardien sud-coréen et rebondit sur le poteau: Riedle qui a suivi, reprend la balle et marque. 2-0 et bientôt 3-0, lorsque Klinsmann reprend à la 37ème minute, un coup franc tiré par Häßler.

 

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Klinsi (encore une fois) marque contre la Corée du Sud: jusque-là, tout va bien...

 

Le match est plié? Pas du tout. C'est une autre équipe de Corée du Sud qui revient sur le terrain en seconde mi-temps: plus agressive et moins timide face à leur adversaire, en moins de 10 minutes, elle inscrit deux buts (52' et 63') grâce à Hwang Sun-Hong et Hong Myung-Bo (ce dernier marquant d'un tir puissant devant Effenberg et Matthäus). Matthäus, après une sérieuse coupure au pied, est contraint de sortir juste après le second but et sans lui, la défense se désorganise. Les Allemands n'y sont plus et les sifflets des supporters commencent à se faire entendre dans les travées du Cotton Bowl de Dallas. Effenberg avant d'être remplacé à la 75ème minute, agacé par ces critiques, lance un doigt d'honneur au public. L'Allemagne conservera son maigre avantage d'un but jusqu'à la fin, mais jamais elle n'a paru si vulnérable. Vogts dira après match, avoir été "chanceux de gagner"...

L'Allemagne est qualifiée... mais perd Effenberg. Son geste obscène n'a pas été apprécié par Vogts qui le vire illico de la sélection, se promettant de ne plus jamais le rappeler et soutenu en cela par le président de la DFB, Egidius Braun. Seul Beckenbauer via Bild pour qui il est chroniqueur, défend "der Tiger". Quoiqu'il en soit, le Mondial devra se faire sans lui.

Le huitième de finale se joue contre la Belgique à Chicago. Helmer a remplacé Effenberg dans le 11 et Martin Wagner est titularisé à la place de Brehme, blessé. Völler qui n'est apparu que quelques minutes contre l'Espagne, débute aussi la partie à la place de Riedle. Vogts veut proposer un autre spectacle que contre la Corée du Sud.

A la 6ème minute du match, Matthäus (qui n'a pas vraiment récupéré de sa blessure contre la Corée du Sud et joue sous anti-inflammatoires) récupère un ballon sur une relance belge et balance une longue passe au-dessus de tout le monde pour Rudi Völler qui a faussé compagnie à la défense belge. Le vieil attaquant qui a été sorti de sa retraite internationale par Vogts en mai, justifie sa titularisation et donne l'avantage à son équipe. Avantage de courte durée, à la 8ème minute, sur un coup franc joué par Enzo Scifo, Georges Grün profite de la désorganisation allemande pour recoller au score. Réaction quasi immédiate des Allemands: Völler joue en une-deux avec Klinsmann, puis lui redonne la balle pour le second but (11'). Peu avant la mi-temps, Völler marque un troisième but de la tête sur un corner tiré par Häßler (40'). L'Allemagne mène 3-1 à la mi-temps et semble s'être retrouvée. Mais la Belgique n'a pas abdiqué: à la 63ème minute, l'attaquant belge d'origine croate Josip Weber fonce au but sur une passe longue en profondeur. Helmer le descend dans la surface. Le pénalty et l'expulsion de Thomas Helmer semblent évidents mais l'arbitre ne bronche pas. Cette décision fera couler beaucoup d'encre puisque le belge Philippe Albert réduira le score à la 90ème minute. L'Allemagne l'emporte 3-2... mais a bénéficié d'une belle erreur d'arbitrage.

 

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Le duo Völler-Klinsmann a fait trembler la Belgique

Même si l'Allemagne est qualifiée pour les quarts de finale, Berti Vogts est sur la sellette et joue sa tête. Son équipe d'Allemagne n'arrive pas à convaincre et cette victoire obtenue dans des conditions plus que douteuses contre la Belgique (d'autant plus que les Belges n'ont eu que deux jours de repos avant le match contre... quatre aux Allemands!), n'a pas arrangé les choses. Ce n'est pas tant le niveau individuel des joueurs qui est critiqué que le manque d'esprit collectif et de soif de vaincre... des qualités qui de tout temps, ont été la marque de fabrique allemande et la clé de leurs succès! En interne, la colère gronde: l'exclusion d'Effenberg n'a globalement pas été appréciée par le groupe et des joueurs comme Berthold n'hésitent pas à publiquement critiquer le sélectionneur. Un sélectionneur qui à l'inverse de son prédécesseur, n'arrive pas à gérer les égos démesurés de stars comme Matthäus et s'obstine dans une gestion qui n'est pas vraiment appréciée. Les joueurs cherchent à rassurer les médias depuis plusieurs matchs ("Nous sommes habitués à réagir sous la pression" déclarera Klinsmann avant le match contre la Belgique) mais ceux-ci commencent à vraiment douter de l'équipe nationale allemande. Car le prochain adversaire n'est autre que la Bulgarie, une équipe taillée pour le genre de désillusion qui vise l'Allemagne mais dont tout le monde se refuse tout de même à croire.

Tout sépare la Bulgarie de l'Allemagne: l'équipe n'a aucun palmarès, n'a jamais remporté un match de Coupe du Monde, ne compte qu'une seule vraie star, Hristo Stoichkov qui joue au FC Barcelone, et est à vrai dire, une équipe sur le papier, très modeste. Mais c'est aussi une équipe qui contrairement à l'Allemagne lors de cette Coupe du Monde, se différencie par un collectif soudé, rôdé et animé par son désir de croire en un "rêve américain". Le petit David a les armes pour terrasser le grand Goliath. Et si les rêves de nombreuses équipes se sont souvent heurtés au froid réalisme germanique, la Bulgarie, elle, y semble vaccinée. N'est-ce pas cette équipe qui a arraché son ticket pour la Coupe du Monde, dans les dernières secondes du dernier match des éliminatoires contre la France au Parc des Princes, en novembre en 1993? Finalement, la Bulgarie pourrait se poser comme plus "réaliste" que l'Allemagne!

Le début de la rencontre voit l'Allemagne malgré une certaine retenue de part et d'autre, dominer les débats dans le Giant Stadium de New York. Le bulgare Balakov est le premier à faire frissonner le public en touchant le poteau d'Illgner; Klinsmann lui répond en plaçant une tête à bout portant sur Mikhailov, le gardien bulgare qui évite le but. Les deux équipes se séparent cependant à 0-0 à la mi-temps. Quelques minutes après celle-ci, Iordan Letchkov accroche Klinsmann dans la surface: le pénalty est sifflé et Matthäus se charge de la sentence. Les Allemands mènent 1-0 et commencent à souffler. La Bulgarie n'arrive pas à revenir et l'Allemagne veut en profiter pour s'assurer un avantage définitif qu'elle croit même acquis lorsque Völler reprend un ballon repoussée pour Mikhailov et marque. Mais le "renard argenté" était hors-jeu et le but n'est pas validé. Les Bulgares, jusque-là, peu convaincants dans le jeu, se sont surtout créés des occasions sur coup de pied arrêté. Autant dire que la faute sur la star bulgare Hristo Stoichkov à la 76ème minute et à trente mètres des buts est un dangereux cadeau offert à l'adversaire. Stoichkov se charge lui-même de la sentence et d'un superbe tir enroulé, trompe Illgner et permet à la Bulgarie de recoller au score!

 

 

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Le mur allemand ne peut pas arrêter Stoichkov

 

Ce 1-1 à un quart d'heure de la fin, change tout: désormais, chaque but vaudra de l'or! L'Allemagne n'aura même pas le temps de se ressaisir: un centre de Yankov trouve à la 79ème minute, dans la surface de réparation, un Iordan Letchkov de 1m78 marqué un Thomas Häßler... de 1m66! Le crâne dégarni du milieu bulgare envoie le ballon dans les filets de Illgner. 2-1. L'Allemagne vient d'être terrassée!

 

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Letchkov a devancé Häßler, Illgner est battu!

La chute est dure! Certes, la Bulgarie qui avait battu l'Argentine 3-0 en poule, avait tout du "petit" capable de faire chuter les grands mais à vrai dire, personne n'imaginait vraiment l'Allemagne championne du monde en titre, chuter devant une équipe si modeste. D'autant plus qu'il fallait remonter à 1978 pour trouver un aussi mauvais résultat dans les campagnes allemandes en Coupe du Monde. C'est la curée: les médias flinguent sans prendre de gants une équipe vieillissante de divas, jouant sans envie et à un rythme de sénateurs. Des sénateurs qui ont exigé la présence de leurs femmes lors de la compétition et déjà planifiés leur fin de carrière puisque Brehme, Völler, Buchwald, Berthold et surtout, le gardien Bodo Illgner à 27 ans, avaient annoncé pendant le tournoi, leur prochaine retraite internationale! Le capitaine Lothar Matthäus dépité, remettra en question l'envie des préretraités car "on ne parle pas de retraite internationale, 10 minutes avant un match".

 

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Ouch...

Mais celui que tout le monde pointe comme le responsable de ce fiasco est avant tout Berti Vogts. Le Bild, toujours aussi "fin" dans ses prises de position, publie une demande de licenciement pour Vogts avec comme titre "signez-le" ("Unterschreiben Sie"). Le sélectionneur allemand n'a jamais réussi à bâtir une équipe solide et s'est révélé incapable de créer une émulation dans le groupe. Au contraire, il s'est retrouvé peu à peu esseulé, désavoué par des joueurs comme Berthold, Illgner et surtout Effenberg, qu'il a écarté et qui représente le futur de la sélection.

Vogts responsable? C'est peut-être un peu trop simple. L'intéressé dira plus tard: "notre équipe était meilleure que celle de 1990, nous aurions pu facilement défendre notre titre. Trois femmes ont tout fait foirer, c'était incroyable ce qu'il s'est passé". Les trois femmes en question auraient été Martina Effenberg, Bianca Illgner et Angela Häßler.

Ambiance...

 

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Berti... seul...



#109
asmadcityac

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Excellent Wunder' comme d'habitude.

 

Si l'on parle de cauchemar en 94, quid de 2018?



#110
frank

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Klinsmann était en pleine forme ces buts contre la Corée du haut niveau

#111
frank

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La photo de Berti Vogts seul ressemble beaucoup au film des années 90 il manque juste Demi Moore en approche

#112
Wunderbern

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Excellent Wunder' comme d'habitude.
 
Si l'on parle de cauchemar en 94, quid de 2018?


Assez semblable et différent. Semblable dans le sens où sur bien des aspects l'équipe paraissait au moins aussi forte (voire plus forte) que lors de l'édition précédente où ils avaient gagné. Différent dans le sens où en 1994, c'est l'ambiance au sein de l'équipe qui avait tout pourri: les femmes des joueurs, la rivalité-haine Klinsi-Lothar, le fait que Berti avait peu de soutiens et bien du mal à faire règne l'ordre (Illgner, Matthäus et Berthold avaient du mal à l'encadrer), le cas Effenberg... En 2018, c'est plus que Löw s'était muré dans son style de jeu, que beaucoup de joueurs étaient hors de forme tout en étant de persuadés d'être encore au top, que les mecs étaient trop confiants en eux et ne se sont pas remis en question. Je ne crois pas en revanche que l'ambiance était si pourrie que ça (bon, il y a eu la dispute Hummels-Khedira mais je pense que c'était surtout lié au jeu proposé) et Löw n'a pas été contesté par le groupe.

1994, c'est un faux-pas qui a été rattrapé en 1996: Vogts aura fait d'ici là, le ménage dans l'équipe, en éliminant les fortes têtes. 2018, ce n'est pas une question de fortes têtes. Il y a probablement du sang neuf à réinjecter et des cadres à remotiver. Mais à chaud, dur de faire un diagnostic. En 1996, ce sont les tauliers de 1990 qui remportent le titre. En 2020, si l'Allemagne gagne, pas certains que ce soit avec les tauliers de 2014. Déjà qu'il n'y en a plus beaucoup...




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