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Quel public à l’Allianz Arena ?

Samedi soir, le Bayern Munich recevait Union Berlin à l’Allianz Arena, pour ce qui était le « Topspiel » de la 27ème journée de Bundesliga. Une rencontre que les Bavarois ont remporté sans contestation possible (4-0), avec un doublé de Robert Lewandowski, un but de Kingsley Coman, et la première réalisation de Tanguy Nianzou. Pourtant, tout n’a pas satisfait Julian Nagelsmann, l’entraîneur des nonuples champions d’Allemagne.

L’absence des ultras cause du tort

 

A l’issue de la rencontre, l’ancien coach du RB Leipzig a notamment reconnu que l’ambiance mise par les fans du club « pouvait être meilleure ». Toujours soumise à une jauge imposée par le gouvernement bavarois, l’Allianz Arena n’avait accueilli que 37 000 spectateurs pour 75 000 places. Un progrès, par rapport aux 25 000 de ces dernières semaines. Pourtant, ce sont bien les supporters de Berlin qui ont été les plus bruyants. Un mal récurrent pour le Bayern, régulièrement taxé d’avoir un public trop passif.

Si la tribune sud était pratiquement remplie, elle n’a jamais lancé de chants de toute la rencontre. Et pour cause, les groupes d’ultras qui y logent habituellement étaient une nouvelle fois absents. Toujours en raison des restrictions sanitaires, ils ne peuvent se reconstituer comme lors des rencontres à guichets fermés. Résultat, le peu d’ambiance a fait le bonheur des supporters des autres clubs allemands, qui en ont profité pour pointer le manque de ferveur chronique des fans bavarois.

Grand club, public moyen ?

 

Alors, qu’est-ce-qui explique que le Bayern, qui truste tous les records en Allemagne, soit un mauvais élève des ambiances à domicile ? Plusieurs facteurs, assurément. Tout d’abord, le règne du club sur la Bundesliga. Depuis une dizaine d’année, les supporters sont habitués à voir le FCB en haut de l’affiche, et peinent à se mobiliser pour le pousser. Il n’y que lorsque des gros matchs arrivent, comme contre le Borussia Dortmund, ou en Ligue des Champions, que la ferveur monte.

Face à Union, la confiance était d’ailleurs de mise. Aux abords du stade, on pouvait entendre de nombreux fans parier sur un large succès de leur équipe. Ce qui fut le cas. Beaucoup de Munichois viennent donc aux matchs de Bundesliga pour profiter d’un spectacle et d’une pluie de buts, plus que pour encourager leur équipe. Dans la tribune sud, ou les supporters payent 15 euros pour un ticket debout, nombre d’entre-eux sont restés assis pendant toute la rencontre. Une scène que nous n’aurions pas vu dans de nombreux stades outre-Rhin, ou des gradins bondissent à l’unisson.

Sa popularité, force et faiblesse du club

 

Si le Bayern est très populaire en Bavière et à Munich, cela peut parfois être un désavantage. D’un côté, il bénéficie d’une grande base de supporters fidèles et connaisseurs. Contre Union, une grande partie du public a d’ailleurs suivi le match avec la plus grande attention, en témoignant de sa connaissance du football, via des applaudissements lors des belles actions construites. D’un autre, il attire aussi ce que les Allemands appellent des « events fans » ou « des fans de succès ».

Ces qualificatifs désignent des personnes qui ne se rendent que ponctuellement au stade, à l’occasion de grands matchs, ou uniquement lorsque l’équipe tourne bien. Si le Bayern perd, ou joue mal, ces spectateurs sont alors les premiers à siffler et à faire part de leur mécontentement. A l’Allianz Arena, certains viennent aussi pour garnir leur compte Instagram, et se montrer dans un lieu « hype » de Munich. Lorsqu’il en a la possibilité, le stade est donc toujours plein à craquer, mais n’accueille pas que des amoureux du club et du football.

Une histoire de sociologie ?

 

Ce n’est un secret pour personne. Dans pratiquement tous les pays d’Europe de l’ouest, les clubs connus pour leurs plus belles ambiances ne sont pas ceux des villes les plus riches. En France, Saint-Étienne et Lens illustrent parfaitement cela, en ayant un public plus bruyant que les voisins lyonnais ou lillois. En Allemagne, c’est aussi dans les régions plus ouvrières ou modestes que s’invitent les fans les plus bouillants. On pense en partie à Dortmund, Schalke 04, le Dynamo Dresde, Sankt Pauli ou Union.

A Munich, ville bourgeoise aux loyers deux fois plus élevés que Berlin, nous ne sommes pas dans le même cadre que les clubs précités. Le Bayern est d’ailleurs le club de la « Schickeria », qui désigne en allemand le « bon chic, bon genre » français. Le public n’est donc ni moins fidèle ni moins fier que chez ses rivaux allemands. Mais il est plus calme, plus snob, même, parfois. De nombreux enfants sont aussi présents en tribunes, pour voir leurs joueurs préférés. Ce ne sont bien sûr pas eux qui font le plus de bruit, mais ils représente le côté familial et sympathique du club, tout en perpétuant son amour pour les prochaines générations.

S’il est objectif de parler d’une ambiance parfois très calme du côté de l’Allianz Arena, il serait injuste pour les supporters bavarois d’être considérés comme absents, peu fiables et peu connaisseurs. A l’extérieur, les ultras du Bayern sont d’ailleurs généralement connus pour être très bruyants. Le calme relatif de certains matchs à domicile n’est donc pas si alarmant pour le Bayern Munich, même s’il est indéniable, et fait le bonheur de ses détracteurs. Après tout, c’est de bonne guerre…

 

Journée type d’un supporter du FC Bayern https://leclub115.com/2022/03/09/le-football-a-munich-2-la-journee-unique-dun-supporter-du-fc-bayern/

La source le Club 115.com

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