Ci dessous, l’interview de Marcel Reif accordé au média allemand TZ: Marcel Reif est le principal commentateur de la chaine cryptée Allemande Sky et c’est un spécialiste reconnu du FC Bayern. Il analyse le Bayern version Pep Guardiola et ses avis méritent notre attention. Nous devons cette traduction à « Blondin » qui l’a postée sur le forum. Simplement, l’intérêt du sujet et la qualité du travail de « Blondin » sont tels que la traduction méritait de passer dans les news : bonne lecture (interview réalisée avant la finale de la Super Coupe UEFA). Un grand merci à « Blondin »

Sources : 
http://www.tz-online.de/sport/fc-bayern/marcel-reif-tz-interview-bayern-einen-groesseren-plan-3081181.html


TZ : Mr Reif, est ce que le Bayern s’est planté avec sa rotation à Fribourg?

Marcel Reif : Bien sur qu’on peut imaginer ça, avec sept changements. Mais cette idée est tout de même fausse. Regardez le onze de départ du Bayern : dix internationaux, un équipe exquise. Si Guardiola ne peut pas se permettre ça contre Fribourg, alors contre qui? Bien sur ça m’a aussi fait au choc au départ, quand j’ai vu qu’il n’y avait que quatre joueurs du match contre Nurenberg. Mais ce qu’il fait est concluant.

TZ : Expliquez nous à quoi Pep a pensé.

MR : Les choses sont comme ça: le Bayern n’a pas engagé Guardiola pour être champion d’Allemagne une 24 eme fois en toute tranquillité. Il y a plusieurs autres entraineurs qui aurait aussi réussi ça, ou on aurait pu encore continuer trois quatre ans avec le très vénéré Jupp Heynckes. Non, le Bayern a un grand plan. On veut imiter le Barça, on veut être constamment dans la possibilité de gagner la Ligue des Champions, et pas juste les « années de fête ».

TZ : question méchante : est ce qu’un 1 – 1 à Fribourg fait partie de ce plan?
MR : On doit l’accepter. Guardiola a cette idée du foot, après laquelle le Bayern a longtemps couru – flexible et avec un large effectif, qui fonctionne indépendamment des joueurs individuels. Et dans sa poursuite de cette idée, l’entraineur ne fait pas de prisonniers. Guardiola doit il dire : « j’ai la vision du Bayern du futur, mais aujourd’hui elle m’est égale, aujourd’hui ne comptent que les trois points »? Si il pliait déjà maintenant, parce qu’il n’a pas pris les trois points à Fribourg, il ne serait pas la bonne personne.

TZ :En exige t il trop des joueurs?
MR : Il en exige énormément. Certains jouent dans un registre dans lequel ils n’ont jamais joué avant. Schweinsteiger n’a jamais du courir autant que sous Guardiola, et il n’a plus de Martinez qui fait son Hacki Wimmer (ancien joueur de la NM). Maintenant il doit labourer comme un boeuf!
Ou Phillip Lahm, duquel Pep veut sortir plus que nous n’ayons pu imaginer. Ils doivent tous sortir de leur zone de confort. Ce que fait Pep avec eux, est un permanent Sudoku de pelouse, un sport mental Catalan, qui fait très mal au crâne. ça prend du temps, mais quand ça fonctionne, c’est payant.

TZ : Avec le risque d’être à un moment huit points derrière Dortmund.
MR : ça serait malheureux, mais je ne vois pas le danger aujourd’hui. Si je me souviens bien, le Bayern est premier du classement, et n’est pas à la douzième place. On est bien. Non, Guardiola sait ce qu’il fait. Et mon impression est : le staff du Bayern regardent actuellement la situation de façon très détendue, ils sont persuadés d’être à long terme sur le bon chemin avec Guardiola.

TZ : Et a court tèrme, doit on accepter la perte de points?

MR : En cas de besoin, Gardiola sacrifiera aussi deux, trois points. En fin de compte la situation au Bayern est la suivante : tu refais l’opéra de Munich pour qu’il soit encore plus étincelant et rayonnant, mais pendant les travaux, l’opéra doit continuer! On fera de la peinture et on tapera au marteau lors de l’ouverture, il y aura de la saleté et de la poussière qui volera partout… Et a quel point ça sera magnifique, tu ne le verras que lorsque ça sera terminé.

TZ : Les joueurs ont ils toujours cette faim, cette envie de l’an dernier?
MR : Pour le moment certainement pas, mais on ne peut même pas exiger ça d’eux. Même le plus affamé des loups est à un moment rassasié. Et les joueur savent exactement comme la saison est longue. L’envie reviendra d’elle même, on ne doit pas se faire de souci.

TZ : Pensez vous que Guardiola se sente bien à Münich?

MR : Il savait qu’il y avait une autre culture en Bavière, et il peut s’en accommoder. Par contre je ne sais pas s’il s’est fait un cadeau de parler ouvertement en Allemand. Avec tout le respect que je dois à sa volonté de bien faire : il ne parle qu’en expressions, qui ne lui rendent pas honneur. En Espagnol, avec un interprète, il pourrait beaucoup mieux partager ses idées du foot.

TZ : Le match contre Chelsea est il important?
MR : Dans l’absolu pas du tout, c’est une simple coupe marketing. Mais c’est Chelsea, et ça nous rappelle à tous de mauvais souvenirs. Et même Pep n’est pas un saint, c’est humain pour lui de vouloir rendre la monnaie à Mourhino.
Et les joueurs savent aussi : vendredi on doit en filer une à Mourhino, on doit ça au coach.
Donc : on a pas besoin de gagner ce trophée, mais ça serait quand même beau.

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